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Bulletin Quotidien Europe N° 12460
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RÉPONSE EUROPÉENNE AU COVID-19 / MarchÉ intÉrieur

Thierry Breton plaide pour la création d'un fonds industriel de relance européen

Le commissaire européen au Marché intérieur, Thierry Breton, appelle de ses vœux la création d'un fonds industriel de relance européen pour faire face à la pandémie de Covid-19. S'exprimant dans le cadre d'une visioconférence organisée par la commission du marché intérieur (IMCO) du Parlement européen, jeudi 2 avril, il a aussi encouragé « certains » pays à entrer, si nécessaire, dans le capital de « certaines » entreprises, pour les soutenir. 

C'est la première fois que la commission IMCO se réunissait depuis le début de la crise liée au coronavirus, qui a infecté plus d'un million de personnes dans le monde. Une poignée de députés étaient physiquement présents tandis qu'une autre poignée s'est exprimée en visioconférence. Un format exceptionnel qui a connu quelques imperfections, puisque la transmission n'a pas pu être établie avec tous les députés annoncés. Thierry Breton, lui, a recouru à la visioconférence, sans préciser - en réponse à la question du député Andreas Schwab (PPE, allemand) - où il se trouvait.

La discussion a principalement porté sur les mesures activées depuis le début de la crise pour protéger le marché intérieur et la façon dont ce marché pouvait contribuer à la résolution du problème. 

« Nous sommes allés un peu loin dans la mondialisation »

Pour le commissaire au Marché intérieur, cette crise va inciter l'Europe « à repenser ses chaînes de valeur mondiales, peut-être la relocalisation de certaines industries critiques en Europe, mais aussi la place du marché intérieur, plus essentiel que jamais dans les écosystèmes ».

Interrogé par la députée Anne-Sophie Pelletier (GUE-NGL, France) sur la portée d'une telle déclaration, il a une nouvelle fois reconnu que la mondialisation avait été un peu loin dans certains domaines, y compris en ce qui concerne les produits pharmaceutiques. Il présage un « avant et un après-crise » en ce qui concerne la mondialisation. Et de clarifier immédiatement son propos : cela ne veut pas dire que tout sera rapatrié en Europe, mais qu'il y aura une « revisite » de la façon dont on a créé nos chaînes d'approvisionnement au niveau mondial et qu'il y aura sans doute des productions locales - mais pas toutes - plus près des clients.

Appel à un fonds industriel de relance européen 

Lors de son intervention, le Français a appelé tous les États membres à préparer un plan industriel de relance pour aider leurs entreprises à faire face à la crise et à se préparer à l'« après-crise ». « Il faut éviter que des prédateurs ne se jettent sur des dépouilles d’entreprises, que des entreprises soient vendues à prix bradés », a-t-il déclaré, allant même jusqu'à encourager les États à envisager d'entrer dans le capital de certaines entreprises pour les protéger ou leur permettre de poursuivre leur activité.  

Pour illustrer son propos, il a pris en exemple l'Allemagne, qui a adopté un plan de 256 milliards d'euros. « Tous les pays devraient faire la même chose rapidement. On parle, au niveau de l’UE, de 1,6 billion d’euros (ou 1 600 milliards d'euros) pour ce qui est nécessaire pour accompagner cette période très importante ». 

Anticipant les questions relatives au mode de financement d'un tel fonds européen de relance, il a fait cette mise en garde : « Avant de parler des outils, parlons des programmes ». Selon lui, il importe d'avoir une approche qui parte du terrain (bottom-up) plutôt que le contraire, comme ce fut le cas avec l'idée controversée des Coronabonds. « Partons des entreprises pour savoir combien il faut financer », a-t-il déclaré en anglais, après avoir décrété qu'il répondrait à toutes les questions en anglais, malgré le service de traduction assuré. Et d'ajouter enfin, toujours en référence au débat sur les réponses budgétaires à apporter à la crise, que tout le monde devrait y aller de sa poche pour aider les entreprises et les PME, « y compris les Pays-Bas, y compris les Allemands ».  

Une coordination renforcée depuis 3 semaines 

Thierry Breton s'est également exprimé sur les restrictions à l'exportation mises en place par certains États membres pour éviter que leurs ressources ne leur échappent. Le commissaire a affirmé que ces situations s'étaient réglées (en Allemagne) ou étaient en passe de l'être (en Roumanie et en Slovaquie), restant plus évasif sur le cas de la Pologne. 

Il a également évoqué l'initiative de la Commission visant à modéliser, avec l'aide de données mobiles de télécommunications, la propagation du virus. Il a affirmé qu'il s'agissait là d'anticiper les pics de pandémie et les besoins en équipements en recourant à des données non personnelles, agrégées et anonymisées. (Sophie Petitjean)

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