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Bulletin Quotidien Europe N° 12366
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The B-word : la newsletter d’Agence Europe sur le Brexit / The b-word

Ce n’est pas encore fini

Alors que toutes les options relatives au Brexit sont toujours sur la table (d’un « no deal » à un second référendum, en passant par la révocation de l’article 50), l’UE et le Royaume-Uni maintiendront leurs positions, même après les élections britanniques.

Le 12 décembre, pour la troisième fois en autant d’années, les électeurs seront en effet appelés aux urnes. À l’instar du scrutin de 2017, il s’agit d’un vote sur le Brexit, le professeur John Curtice de l’Université de Strathclyde, expert électoral, confirmant que le Brexit représente, de loin, la question la plus importante aux yeux des Britanniques.

Ces élections permettraient au gouvernement conservateur de remporter la majorité dont il a besoin pour « conclure le Brexit ». Le parti travailliste a, quant à lui, promis d’organiser un référendum (qu’il qualifie de « dernier mot ») dans les six mois qui suivront sa victoire et dans lequel il demandera aux électeurs s’ils souhaitent rester dans l’UE ou s’ils privilégient un traité de sortie renégocié comprenant une union douanière et « une relation étroite avec le marché unique ». Les libéraux démocrates espèrent révoquer l’article 50 et annuler le Brexit, tandis que le Parti national écossais se présente comme un parti rival, favorable au « maintien », s’engageant à écarter les conservateurs du gouvernement et à organiser un référendum sur l’indépendance de l’Écosse l’année prochaine. Nigel Farage, le dirigeant du Parti Brexit, encouragé par le président américain, Donald Trump, a proposé une « Alliance pro-Brexit » avec les conservateurs ; une offre rapidement rejetée, mais qui, selon des sondeurs de YouGov, bénéficie de 70% des intentions de vote pour le parti conservateur en décembre (et 81% des intentions de vote pour le Parti Brexit).

Les conservateurs ont actuellement une sérieuse avance sur leurs opposants. Le dernier sondage Ipsos MORI, publié le 31 octobre, leur donne 41% des voix, soit 17 points d’avance sur les travaillistes (avec 24%) et 21 points sur les libéraux démocrates (à 20%). Selon les sondeurs de Kantar, le maintien dans l’UE est le scénario le plus répandu au sujet du Brexit (pour 32% des personnes interrogées mi-octobre). Une petite majorité (38%) déclare qu’ils voteraient pour rester dans l’UE en cas de second référendum, alors que 37% voteraient pour en sortir.

Mais les élections ne marqueront pas la fin de l’histoire, pas plus que le report récemment accepté du Brexit jusqu’au 31 janvier (voir EUROPE 12359/4).

En réalité, le prochain défi du Brexit aura lieu au cours des prochains jours, alors que le Royaume-Uni doit désigner un remplaçant à son commissaire européen sortant, Julian King. Dans une lettre adressée au Premier ministre britannique cette semaine, la présidente élue de la Commission, Ursula von der Leyen, a demandé une réponse dans « un bref délai » et de privilégier des femmes pour occuper ce poste (voir EUROPE 12364/13). Elle souhaite qu’un vote sur l’ensemble de son équipe puisse avoir lieu d’ici la fin du mois de novembre. « Nous attendons une réponse du Royaume-Uni et nous ne spéculerons pas à ce sujet », a déclaré un porte-parole de la Commission, vendredi. « Nous avons désormais rappelé au Premier ministre Johnson cette obligation légale ».

Peu après ces élections, le 31 janvier, le Royaume-Uni (dirigé par un gouvernement conservateur) a promis de sortir de l’UE. Même cette échéance, pourtant, n’est pas gravée dans le marbre, car un gouvernement travailliste pourrait chercher à renégocier l’accord de retrait, ce qu’il prétend pouvoir réaliser en trois mois. Peu après, le 1er juillet, le pays devra décider s’il souhaite prolonger la période de transition post-Brexit au-delà du 31 décembre. Une extension signifierait une plus grande contribution du Royaume-Uni au budget de l’UE, ce qui reste un sujet controversé parmi les Vingt-sept, comme nous l’avons vu à Bruxelles cette semaine.

S’il échoue à convenir d’une prolongation de la période de transition (une option écartée par le chef du cabinet, Michael Gove), un nouveau gouvernement ne disposera que de 11 mois pour négocier un nouvel accord commercial. Dominic Walsh, d’Open Europe, estime que conclure un accord durant ce délai est difficile, mais pas impossible, étant donné « l’importance unique de la relation entre le Royaume-Uni et l’UE et la pression des différentes échéances fixées ».

Toutefois, lors d’un voyage à Lisbonne cette semaine, Michel Barnier, le négociateur en chef de l’UE, a de nouveau fait preuve de fermeté face aux craintes liées à la concurrence, insistant sur le fait que toute future relation entre l’UE et le Royaume-Uni « reposera sur des règles de jeu équitables ».

Mais il reste encore beaucoup de points à régler. (Version originale anglaise par Sarah Collins)

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