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Bulletin Quotidien Europe N° 12366
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SOCIAL - ÉDUCATION - JEUNESSE / Éducation

Les ministres de l'UE divisés sur la nécessité d'investir plus ou mieux

Lors d'un débat commun unique en son genre, vendredi 8 novembre, les ministres européens des Finances et de l'Éducation ont souligné l'importance des investissements dans l'éducation. Sans surprise, certains pays, à l'instar de la France, ont insisté pour dépenser « plus », tandis que d'autres, comme l'Allemagne ou les Pays-Bas, ont insisté pour dépenser « mieux ». 

C'est la première fois que ces deux formations du Conseil étaient réunies autour d'un même débat (consacré en l'occurrence à l’importance pour l'économie d’une éducation et d’une formation efficaces et de qualité) (EUROPE 12365/26). Un exercice qui, s'il a été salué par tous, s'est prolongé pendant trois bonnes heures, retardant d'ailleurs les autres débats. Il s'agit d'un « jour historique », s'est félicitée la ministre finlandaise de l'Éducation, Li Andersson, soutenue par le commissaire à l'Éducation européen, Tibor Navracsics, qui s'est présenté comme un défenseur de longue date d'un tel exercice. Sera-t-il poursuivi ? Cela dépendra des prochaines présidences tournantes, a répondu Li Andersson à la presse.  

L'éducation, un domaine d'investissement prioritaire

Dans son discours introductif, le commissaire aux Services financiers, Valdis Dombrovskis, a appelé à une combinaison intelligente de dépenses publiques et privées. Selon lui, l'efficacité des dépenses publiques devrait être améliorée, ce qui permettrait notamment d'atteindre des gains en matière de bien-être de 0,4 à 1,6 point de pourcentage en termes de produit intérieur brut. Il a ajouté que les investissements privés devaient également être encouragés et servir à financer la formation (perfectionnement ou requalification des adultes).

La question du montant des investissements consentis par les États membres, prioritairement responsables des politiques d'éducation, s'est rapidement posée. Tibor Navracsics, a évoqué cette question. Il a défendu des « investissements adéquats, intelligents et qui ne laissent personne derrière », s'interrogeant sur ces dépenses en Europe, équivalentes à 4,6% du PIB en moyenne. « Est-ce suffisant ? », s'est-il interrogé, sans y répondre.

Dépenser plus ou mieux ?

Deux camps se sont affrontés tout au long de la réunion. La brèche a été ouverte par le président du Comité économique et financier (un organe consultatif de l'UE), Hans Vulbrief, qui a indiqué que dépenser dans le domaine de l'éducation n'équivalait pas nécessairement à de l'argent neuf, mais bien à « faire plus avec ce que l'on a de manière plus efficace ». L'Allemagne, les Pays-Bas et l'Autriche ont immédiatement embrayé. Pour Berlin, il faut surtout une meilleure utilisation des fonds et des échanges de bonnes pratiques. Vienne, pour sa part, a souligné que le défi était de procéder à des réductions de dépenses par personne. Et Amsterdam a fermé la boucle en appelant à « mettre un terme aux dépenses qui ne fonctionnent pas ». 

Plusieurs États membres ont saisi cette occasion pour demander des règles budgétaires européennes plus souples. « Un budget proéducation est essentiel, mais ce n'est pas tout. Il faut que nos règles budgétaires soient plus propices à l'augmentation des dépenses », a défendu le ministre italien des Finances, Roberto Gualtieri. Au nom de la communauté germanophone de Belgique, Harald Mollers a appelé l'UE à revoir les règles de financement pour permettre les investissements dans les infrastructures, tandis que le secrétaire d'État roumain, Attila György, a suggéré de mettre davantage à profit les fonds européens. 

Pour sa part, la France, par la voix de son ministre de l'Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, a insisté sur le fait que l'éducation était un « investissement social et économique ». « Il faut une efficience des investissements ; ce qui n'empêche pas de dire qu'ils doivent augmenter. Il y a deux domaines où il faut dépenser plus : l'éducation et la santé ».

Présidence croate et expériences

Plus largement, les États ont décrit leurs principales actions sur le terrain et leurs principales difficultés. Le Danemark a expliqué, par exemple, devoir faire face à un nombre croissant de familles qui mettent leur enfant dans des écoles privées. L'Autriche s'est félicitée de son faible taux de jeunes inactifs, mettant en avant son choix de rendre l'enseignement obligatoire (enseignement secondaire, apprentissage ou formation) jusqu'à l'âge de 18 ans. 

La Croatie, quant à elle, qui prendra la présidence tournante du Conseil de l'UE au 1er janvier 2020, a annoncé qu'elle s'intéresserait de près au soutien des enseignants et à la circulation des cerveaux en lien avec le 'Semestre européen'. 

Enfin, la Lettonie a rappelé qu'elle allait signer, ce même jour, avec cinq autres États membres, une déclaration d'intention sur la reconnaissance automatique des diplômes de l'enseignement supérieur (EUROPE 12362/24). Elle a indiqué espérer que cela « inspire le reste de l'UE ». (Sophie Petitjean)

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