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Bulletin Quotidien Europe N° 12366
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES / Économie

L'Europe doit refuser « la vassalisation », exhorte Bruno Le Maire

Le ministre français des Finances, Bruno Le Maire, a tiré « la sonnette d'alarme », vendredi 8 novembre, à Bruxelles, en exhortant l'Union européenne à se doter des moyens nécessaires pour affirmer sa puissance économique et financière face aux États-Unis et à la Chine, faute de quoi elle risquerait « la vassalisation ».

S'appuyant sur les déclarations de la veille du président français, Emmanuel Macron, à The Economist, il a posé la question de la révision des règles budgétaires européennes, alors que la croissance économique reste molle en Europe et que des investissements massifs sont nécessaires pour rivaliser dans la maîtrise des nouvelles technologies (intelligence artificielle, stockage des données) et des énergies renouvelables avec les concurrents internationaux.

« Ouvrir le débat sur la création d'exceptions pour ces investissements » est la bonne voie à suivre, a affirmé Bruno Le Maire, tout en soulignant que la France respecte le Pacte de stabilité et de croissance.

Réitérant son appel en faveur de la création de champions européens, il a souhaité faire preuve de pédagogie. Pour développer de tels champions, il faut une technologie mûre et un marché, car « la France ne soutient pas l'idée d'une création étatique de champions industriels », a-t-il souligné, faisant valoir le projet d'Alliance européenne pour les batteries électriques.

Et, d'après M. Le Maire, les services de la Concurrence de la Commission européenne seraient avisés de ne pas considérer le marché unique uniquement comme un marché de consommateurs, mais aussi comme « celui de l'ouvrier et de l'entreprise », a indiqué le ministre, qui a rencontré la vice-présidente Margrethe Vestager vendredi.

Échaudées par le rejet de la fusion Siemens/Alstom, l'Allemagne et la France demandent une révision des règles encadrant les opérations de concentration, en révisant notamment la notion de marché pertinent (EUROPE 12318/8, 12188/1).

Ne niant pas la difficulté de convaincre ses partenaires, M. Le Maire a maintenu sa démarche volontariste. « Sommes-nous capables d'avoir, sur la 5G, un équipement européen pour assurer notre souveraineté ? », a-t-il interrogé. Il ne s'agit toutefois pas d'interdire le groupe chinois Huawei, qui fournit des infrastructures à Bouygues, en France, car « nous ne faisons pas de discrimination à l'égard de quelque entreprise que ce soit ». Néanmoins, le ministre a estimé légitime que la France défende ses intérêts de souveraineté, en gardant notamment sous contrôle les données les plus sensibles.

Et M. Le Maire de s'interroger : les deux grands industriels européens - Nokia et Ericsson - ont « quelques mois de retard » dans le domaine de la 5G : « est-ce que l'Europe investit davantage sur ces entreprises » ou est-ce qu'on attend que les États-Unis rachètent Ericsson ? (Mathieu Bion)

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