Les ministres européens de l'Éducation se réunissent, vendredi 8 novembre, pour parler de l'accueil des jeunes enfants, de l'apprentissage tout au long de la vie et d'intelligence artificielle. Ils tiendront aussi, pour la première fois, une discussion commune avec leurs homologues chargés des Finances pour discuter des « moyens d'assurer l'efficacité, l'efficience et la qualité de l'éducation et la formation pour une économie plus forte ».
Aucun acte législatif n'est par contre à l'agenda. Les seuls dossiers d'importance dans le domaine de l'éducation sont en effet ceux ayant trait aux programmes de l'UE (Erasmus, Europe créative et Corps européen de solidarité) qui sont en pleine négociation avec le Parlement.
Un débat sur l'éducation et l'économie
La session s'ouvrira par un débat public commun des ministres des Finances et de l'Éducation sur l’importance pour l'économie d’une éducation et d’une formation efficaces et de qualité (EUROPE 12363/19). Dans un document de préparation, la Présidence finlandaise du Conseil note que l'objectif de cette réunion est double : d'une part, procéder à un échange de vues sur le rôle de l'éducation pour une croissance durable à long terme et, d'autre part, partager les expériences. La Présidence entend interroger les délégations sur les défis, les politiques prometteuses et le rôle de la coopération européenne. Dans sa note, elle souligne que « le renforcement de la formation du capital humain ne consiste pas nécessairement à dépenser davantage, mais à dépenser de manière plus rationnelle et plus efficace ».
Intelligence artificielle, formation et petite enfance
Après un déjeuner de travail sur les soins et l’éducation de la petite enfance, les ministres procéderont à un débat public sur l’intelligence artificielle (IA) dans l’éducation et la formation, à l'occasion duquel ils souligneront le rôle de l'IA pour « relever les grands défis en matière d'éducation ». Ils adopteront dans la foulée des conclusions sur le rôle des politiques d’apprentissage tout au long de la vie dans un contexte de transitions technologique et écologique, en insistant sur des parcours d'apprentissage souples, personnalisés et axés sur l'apprenant pouvant être soutenus par l'IA.
Les ministres adopteront aussi une résolution sur l’espace européen de l’éducation qui aborde notamment la création d'universités européennes. Ces dernières, chères au président français, Emmanuel Macron, ont été lancées en juin 2019 autour de 17 structures (EUROPE 12283/19). La résolution invite la Commission et les États membres à rechercher des moyens de mieux faire connaître ces universités et à encourager différents types d'établissements d'enseignement supérieur à y participer. Ce, « en facilitant l'échange d'informations pertinentes et en assurant un environnement opérationnel adéquat grâce à une utilisation optimale des ressources disponibles et à des mesures appropriées pour supprimer les éventuels obstacles législatifs et non législatifs au niveau national, le cas échéant ».
Dans les points 'Divers', la délégation slovène informera les ministres de sa proposition visant à établir le centre international de recherche sur l'IA sous les auspices de l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO) et la future Présidence croate du Conseil présentera ses priorités. (Sophie Petitjean)