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Bulletin Quotidien Europe N° 12365
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES / Bei

Nouvelle passe d'armes au Conseil sur l'élimination progressive des financements aux énergies fossiles

L'adoption de conclusions sur le financement du changement climatique, prévue vendredi 8 novembre à l'unanimité par le Conseil Ecofin, butait encore, jeudi 7 novembre, sur le langage à adopter en matière d'élimination progressive ('phasing out') des prêts de la BEI à des projets impliquant les énergies fossiles.

Face au blocage, notamment, de la Hongrie, la question, qui n'a pas pu être réglée au niveau des ambassadeurs des États membres auprès de l'Union européenne (Coreper) après deux sessions de discussions, dont une mercredi 6 novembre, devrait remonter au niveau des ministres des Finances.

Le nœud du problème concerne le niveau d'ambition des Vingt-huit en matière d'élimination des prêts de la BEI en faveur des énergies fossiles. Certains pays dépendants de ces énergies freinent, tandis que d'autres craignent un affaiblissement de l'ambition climatique de l'UE, alors que la Banque de l'UE est appelée à devenir la Banque européenne du climat.

« Il ne faut pas donner le sentiment de diluer l'élimination » des énergies fossiles, a dit un diplomate, jeudi, évoquant l'opposition de « deux États membres » concernant le texte du projet de conclusions sur la table. « Personne n'est dans un registre de 'planter' la position de l'UE avant d'aller à la COP25. Mais il faut un texte à la hauteur des ambitions des Vingt-huit », a-t-il ajouté.

La crispation observée est liée à l'adoption par la BEI, attendue le 14 novembre, de sa future politique de prêt qui pourrait mettre fin au financement des énergies fossiles, après un premier report en octobre (EUROPE 12349/22). Les ministres européens des Finances siègent en effet au conseil d'administration de la Banque de l'UE.

Selon une version du projet de conclusions datée de fin octobre, le Conseil de l'UE presse les banques multilatérales de développement - comme la BEI - d'aligner leur portefeuille d'investissement sur les objectifs de l'Accord de Paris. Et il invite ces banques à adopter des politiques d'investissement responsables et à éliminer progressivement le financement de projets impliquant les énergies fossiles, en tenant compte des besoins énergétiques des pays partenaires.

Une version du texte datée du 5 novembre vue par EUROPE demande aux banques multilatérales de préciser les mesures qu'elles entreprennent pour aligner leurs portefeuilles avec l'Accord de Paris. Quant à l'élimination des énergies fossiles, elle devrait être focalisée sur les énergies fossiles solides, précise cette version plus récente du texte.

Les conclusions acteront le fait qu'en 2018, l'UE a conservé sa place de premier bailleur de fonds publics pour soutenir l'action climatique des pays en développement à hauteur de 21,7 milliards d'euros (EUROPE 12362/14).

Voir un projet de conclusions : http://bit.ly/33s0DYM (Mathieu Bion)

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