La commission des Libertés civiles (LIBE) du Parlement européen et les sous-commissions 'Sécurité et Défense' (SEDE) et 'Droits de l’Homme' (DROI) ont lancé, jeudi 7 novembre, un plaidoyer en faveur du rapatriement rapide par les États membres de tous les enfants de djihadistes combattants étrangers, la peur principale étant de laisser ces jeunes de moins de 18 ans, considérés avant tout comme des victimes, se radicaliser davantage sur place et devenir de vraies « bombes à retardement », comme l’a décrit la députée française PPE Nathalie Colin-Oesterlé.
Des représentants du Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme, du Coordinateur de l’UE pour la lutte contre le terrorisme ainsi que des ONG et des représentants de structures belges étaient conviés pour l’occasion, l’objectif de ces trois commissions et sous-commissions étant de formuler un message européen ou une tonalité européenne à ce problème qui concerne plusieurs États membres - en particulier la France, la Belgique, les Pays-Bas, l’Allemagne et le Royaume-Uni -, mais qui demeure pour les États membres une prérogative nationale et une question de sécurité intérieure.
Selon l’ONU, ils seraient, selon les chiffres connus, encore 700 à 750 enfants ressortissants de l’UE sur place. Environ 8 à 9 États membres auraient à ce jour rapatrié « un nombre restreint » d’enfants, en particulier les orphelins ou les mineurs isolés, mais à chaque fois, ces décisions étaient prises au cas par cas.
Environ 300 enfants français seraient sur place, 200 des Pays-Bas, 160 de Belgique et 60 du Royaume-Uni, selon les chiffres connus. Pour ces intervenants, ainsi que pour des élues comme la Française Nathalie Loseau (Renew Europe) ou la Belge Marie Arena (S&D), il est urgent de considérer ces enfants avant tout comme des victimes n’étant pas responsables des crimes de leurs parents et de les rapatrier le plus rapidement possible afin de les insérer dans des structures leur permettant de retrouver une vie normale.
Toutefois, des questions complexes se posent, comme l’a dit Christiane Hoehn, du bureau du Coordinateur antiterroriste : si l’intérêt supérieur de l’enfant doit primer, est-ce contribuer à son bien que de le rapatrier avec « des mères très souvent radicalisées », la question étant de savoir s’il ne vaut pas mieux les séparer de leurs mères.
Un débat qui a choqué certains élus, comme l’Irlandais Mick Wallace (GUE/NGL), qui a souligné que les Européens avaient « armé les djihadistes » et devaient prendre leurs « responsabilités », alors que, dans les rangs de l’extrême droite, on se disait choqué que l’on puisse compromettre la sécurité des Européens avec ces rapatriements. (Solenn Paulic)