Par son vote ambitieux en vue de la COP25 sur le climat (Madrid, 2-13 décembre), la commission de l'environnement du Parlement européen a formulé le souhait que l'UE reste chef de file de la lutte mondiale contre le changement climatique et parle « d'une seule et même voix » à Madrid, à l'heure où les États membres sont encore divisés sur l'objectif de neutralité climatique à l'horizon 2050 (EUROPE 12364/23).
Elle a aussi insisté sur l'importance de la coopération de toutes les parties à l'Accord de Paris. C'est en 2020 que toutes sont censées notifier à l'UNFCCC leur stratégie climatique de long terme.
Les députés ont demandé que l'UE présente cette stratégie aussi rapidement que possible pour atteindre la neutralité climatique au plus tard en 2050, mais ils espèrent en outre que le 'Green Deal' promis par Ursula von der Leyen dans les 100 premiers jours de la prochaine Commission rehausse l'objectif 2030 de l'UE à une réduction de 55% des émissions de gaz à effet de serre (par rapport à 1990).
Le groupe PPE ne l'entend pas de cette oreille. Il a voté contre cet objectif intermédiaire sans condition.
« En tout état de cause, nous devrions porter cet objectif à 50%. Mais, l'augmentation à 55% frappera particulièrement durement de nombreuses entreprises et surtout des particuliers », a commenté Peter Liese (PPE, allemand), estimant que 55% dépendront de la réussite de la politique climatique internationale et d'une analyse d'impact minutieuse.
En vue du vote en session plénière, le groupe S&D a annoncé, jeudi 7 novembre, par la voix de Miriam Dalli (Maltaise), qu'il « déposera un amendement pour demander que le Parlement déclare l'urgence climatique ».
La commission parlementaire a aussi demandé le doublement de la contribution des Européens au Fonds vert pour le climat, tout en reconnaissant que l'UE est le premier bailleur de fonds publics pour soutenir les efforts des pays en développement. Les députés s'inquiètent que les engagements des pays développés soient bien en deçà de l'objectif collectif des 100 milliards d'USD par an à compter de 2020.
Selon eux, le futur budget de l'UE devrait être en adéquation avec ses engagements pour le développement durable et le climat.
Ils jugent insuffisants les efforts du transport maritime international (dont les émissions devraient augmenter de 50% à 250% d'ici à 2050) et de l'aviation internationale. Ils souhaitent que les émissions de ces deux secteurs soient incluses dans les NDCs. L'OMI doit urgemment appliquer sa stratégie initiale de réduction des émissions des navires avant 2023, quant au système CORSIA de l'OACI, il manque d'ambition, selon les députés.
« Que ce soit l’alignement de l’ensemble du budget européen sur l’Accord de Paris, la réaffirmation de la nécessaire réduction des émissions carbone de 55% en 2030 ou la réduction de la déforestation importée en Europe, la commission de l'Environnement montre la voie pour que l'Europe soit le premier continent neutre en carbone en 2050 », s'est réjoui Pascal Canfin. (Renew Europe, français). (Aminata Niang)