Rachid Bayed, directeur à l’Agence marocaine pour l'énergie durable (MASEN) a fait le point sur l’aide européenne pour le développement de l’énergie solaire au Maroc, lors d’un entretien accordé à EUROPE le vendredi 23 novembre 2018.
M. Bayed a ainsi salué « un signal fort pour la promotion de l’énergie solaire en Afrique », citant les investissements massifs opérés par la Banque européenne d’investissement (BEI) et la Commission européenne, à travers la Facilité d’investissement pour le voisinage.
Les investissements européens en la matière se sont concentrés sur le site NOOR, situé près de Ouarzazate, sur lequel ont été construites trois centrales solaires.
Selon les chiffres de MASEN, la BEI a investi 250 millions d’euros sous forme de prêt depuis 2012. La Commission a, quant à elle, débloqué plus de 100 millions d’euros sous forme de dons.
M. Bayed a aussi insisté sur la participation massive d’autres acteurs financiers comme la Banque mondiale, la Banque africaine de développement, l’Agence française pour le développement ou encore la banque allemande de développement KfW.
La troisième centrale, dite NOOR III, doit encore subir des tests avant que l’énergie produite puisse être commercialisée. Elle sera inaugurée par le roi Mohammed VI.
Investissements à venir
Le Maroc a pour ambition de construire la centrale ‘NOOR Midelt’ destinée à devenir le plus grand complexe solaire multitechnologique au monde à l’horizon 2030. La capacité de production globale de ce projet doit atteindre 1 600 MW: 600 MW en CSP (thermosolaire) et 1 000 MW en PV (photovoltaïque), selon MASEN.
Les mêmes acteurs financiers devraient participer à ce projet, dont le financement est actuellement en discussion.
La BEI aurait revu à la hausse son intervention dans le projet, celle-ci passant de 200 à 420 millions de dollars, selon le journal marocain L’Economiste.
La Commission a quant à elle confirmé à EUROPE un don de 60 millions d’euros en faveur de ce projet.
« Plateforme d’interconnexion régionale »
Ces constructions d'infrastructures solaires s’inscrivent dans une stratégie globale visant à faire du Maroc un acteur phare de l’énergie propre en Afrique et en Europe.
« Nous souhaitons nous positionner en tant que plateforme d’interconnexion régionale en renforçant les infrastructures de transit avec l’Espagne et l’Algérie », a expliqué M. Bayed, soulignant l’intérêt du Portugal et de la Mauritanie.
Le Maroc, soutenu par l’UE, souhaite ainsi créer la perspective d’un « échange d’électricité propre avec le nord qui peut avoir lieu dans les deux sens ». L’interconnexion permettra ainsi d'« augmenter la compétitivité des fournisseurs en les mettant en concurrence », a estimé M. Bayed.
Le directeur de la réalisation de MASEN a enfin cité la feuille de route pour l'importation dans l'UE d'électricité 'verte' produite au Maroc, signée par le Maroc avec plusieurs États membres - Allemagne, France, Espagne, Portugal - en présence du commissaire chargé de l'Action pour le climat et de l'Énergie, Miguel Arias Cañete, à l’occasion de la COP 22, organisée à Marrakech (EUROPE 11670).
« Un exemple concret du renforcement de la coopération UE/Maroc en termes d’énergie propre », selon M. Bayed. (Mathieu Solal)