La porte-parole du Service européen pour l’action extérieure, Maja Kocijancic, a annoncé, lundi 26 novembre, que les Européens réfléchissaient à la suite à donner à la hausse des tensions en mer d’Azov.
Dimanche 25 novembre, la Russie a capturé trois navires ukrainiens qui tentaient de traverser le détroit de Kertch après leur avoir tiré dessus. Les autorités russes ont fermé le détroit au trafic.
« La Haute Représentante [de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité], Federica Mogherini, est en contact avec plusieurs partenaires et va continuer à s’engager en vue d’une réponse internationale plus large », a annoncé Mme Kocijancic. Selon une source européenne, Mme Mogherini s’est entretenue avec les ministres des Affaires étrangères ukrainien, Pavlo Klimkin, et du Canada – qui assure actuellement la présidence du G7 – Chrystia Freeland. À l’inverse, elle n’a pas eu de contacts directs avec le ministre russe, Sergueï Lavrov.
« Nos États membres vont aussi s’intéresser à la question en vue d’une réponse », a précisé la porte-parole du SEAE, selon laquelle le sujet est une des priorités de la Haute Représentante. La mobilisation des États membres ne s’est d'ailleurs pas fait attendre. Dès l’après-midi du 26, les ambassadeurs du Comité politique et de sécurité (Cops) se sont réunis pour une réunion spéciale sur la mer d’Azov pour un échange d’informations et ils vont poursuivre, ce mardi, avec une discussion plus large sur les possibles implications. Selon la ministre des Affaires étrangères autrichienne, Karin Kneissl, qui a estimé que l'UE devait intervenir, la session du Cops devait permettre d’adopter une position commune.
De son côté, le président du Conseil européen, Donald Tusk, s’est entretenu avec le président ukrainien, Petro Porochenko, et ses représentants pour discuter de la situation. « L’UE va rester unie dans son soutien à l’Ukraine », a-t-il prévenu.
Et alors que le Conseil de sécurité de l’ONU (UNSC) devait se réunir en urgence, lundi dans la soirée, pour discuter de la situation, les cinq membres européens de l'UNSC (France, Pays-Bas, Pologne, Royaume-Uni et Suède) ont appelé « la Russie à assurer un libre accès aux ports ukrainiens de la mer d’Azov et à restaurer la liberté de passage par le détroit de Kertch », et demandé à « toutes les parties d'agir avec la plus grande retenue pour permettre une désescalade immédiate de la situation », dans un communiqué commun.
Dimanche 25, le président ukrainien, dont le pays a réintroduit la loi martiale, avait exhorté, entre autres, « les pays de l'UE [et] les participants du format Normandie » à « coordonner des mesures efficaces pour protéger l'Ukraine ».
Appel au calme
En attendant des actes, l’UE a verbalement réagi, dès le 25 novembre. « Les tensions dans la mer d'Azov et dans le détroit de Kertch ont dangereusement augmenté [...] Nous attendons de la Russie qu'elle rétablisse la liberté de passage dans le détroit de Kertch et nous demandons instamment à tous d'agir avec la plus grande retenue pour désamorcer immédiatement la situation », a expliqué la porte-parole du SEAE, qualifiant les développements d'« inacceptables ». Elle a appelé à la libération immédiate des navires et du personnel à bord.
Il y a quelques jours, déjà, la Haute Représentante avait souligné que l’UE attendait de la Russie qu’elle mette fin aux inspections en mer d’Azov. Parallèlement à sa militarisation, la mer d'Azov fait l’objet d’un contrôle plus strict du trafic maritime (EUROPE 12124). (Camille-Cerise Gessant)