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Bulletin Quotidien Europe N° 12146
Sommaire Publication complète Par article 34 / 34
SUPPLÉMENT HEBDOMADAIRE / Bibliothèque européenne

N° 1240

***      AMÉLIE BARBIER-GAUCHARD, MOÏSE SIDIROPOULOS, ARISTOMÈNE VAROUDAKIS : La gouvernance économique dans la zone euro. Réalités et perspectives. Editions Deboeck (7 rue du Bosquet, B-1348 Louvain-la-Neuve. Tél : (32-10) 773870 – Courriel : info@deboecksuperieur.com – Internet : http://www.deboecksuperieur.com ), 2018, 448 p., 26,50 €. ISBN 978-2-80732-010-9.

La réforme de la zone euro ne semble plus vraiment d’actualité au plan européen, au grand dam de son principal héraut du moment, le président Emmanuel Macron. Il a suffi pour s’en convaincre de regarder la chancelière Angela Merkel, l’autre moitié du couple franco-allemand, balayer en quelques phrases les négociations sur l'union bancaire ou l'établissement d'un budget de la zone euro alors qu’elle présentait sa vision de l’Europe devant le Parlement européen, le 13 novembre dernier. Or, si le cœur politique n’y est pas, le fait est que la monnaie unique est incontestablement « affligée d’un certain nombre de défauts de construction qui, s’ils ne sont pas corrigés, conduiront à sa désintégration », comme le rappelle Paul De Grauwe dans sa préface à ce livre. Et cet économiste belge d’insister : « un système incapable de protéger ses citoyens contre les aléas économiques, (...) inachevé, s’autodétruira ». Dans cet esprit, Amélie Barbier-Gauchard, Moïse Sidiropoulos et Aristomène Varoudakis établissent ensemble, dans ces pages, le diagnostic de la zone euro et, surtout, proposent des remèdes pour renforcer son immunité en vue d’éventuels chocs futurs.

Les chercheurs partent du constat d’un paradoxe : 61% des Européens se déclarent favorables à l’euro, mais ne le perçoivent pas comme étant à l’origine d’avantages majeurs. A y regarder de plus près, ce sentiment est peu étonnant : bien des aspects de la vie quotidienne des citoyens ont été facilités par l’existence d’une monnaie que se partagent dix-neuf Etats – quel bonheur que de sauter les frontières sans passer par la case du bureau de change – mais, pour l’heure, l’euro n’est pas parvenu stimuler de manière durable la croissance dans les pays membres de l’Union monétaire. Par exemple, en 2013, le chômage y était plus élevé que celui observé dans les autres économies du G7. Aussi, le déficit extérieur à l’équilibre de la zone euro n’était-il qu’un paravent des écarts importants entre les déficits élevés des pays de la périphérie (Italie, Espagne, Grèce, Irlande, Portugal) et les excédents des pays du centre (Allemagne, France, Belgique, Pays-Bas, Autriche, Finlande). La monnaie unique n’a pas non plus créé de réelle convergence économique entre ces deux régions européennes, ses prémices ayant été stoppées par la crise et la récession. Dès lors, l’euro porte certes « la promesse d’une prospérité partagée », mais ce uniquement « à condition que la gouvernance soit renforcée et en tirant les leçons des revers subis par le passé et en visant des objectifs réalistes pour l’avenir ».

Permettre à l’UEM de remplir cette condition est bien l’objectif des auteurs de ce livre. Celui-ci se divise donc en trois parties, chacune analysant un aspect particulier de la monnaie unique et de ses défis. D’abord, le professeur d’économie Moïse Sidiropoulos étudie la conduite de la politique monétaire commune avant et pendant la crise, avant de développer les manières de l’adapter à un contexte d’asymétries. Après avoir analysé les conséquences de la politique conventionnelle puis non conventionnelle (l’assouplissement quantitatif, l’assouplissement qualitatif et le guidage prospectif) de la Banque centrale européenne, il plaide pour une clarification de ses prérogatives, élargies dans le sillon la crise de 2007-2008. Il envisage aussi les solutions possibles à l'inadaptation générale des banques centrales à un monde globalisé, telles que « le retour à un rôle plus traditionnel des banques centrales », soit celui de maintenir une quantité raisonnable de monnaie pour faciliter les échanges.

A ce titre, dans la deuxième partie de l’ouvrage, Amélie Barbier Gauchard, maître de conférences en sciences économiques à l’Université de Strasbourg, s’interroge sur le rôle de la politique budgétaire dans la zone euro. Si la politique monétaire est uniquement exercée par la Banque centrale européenne dans un cadre délimité, l’analyse de la politique budgétaire s’avère bien plus complexe au vu de ses nombreux acteurs et du fait que les compétences budgétaires dépassent le cadre de la zone euro. Mme Gauchard se demande dès lors « en quoi le fédéralisme budgétaire permettrait de résoudre certaines difficultés de l’UEM » avant de plaider pour la mise en place d’une vraie Union budgétaire confiée à un gouvernement central européen au niveau de l’Union. Pour soutenir la croissance et l’emploi, défis majeurs de celle-ci, un transfert conséquent de compétences s'opèrerait aussi vers le niveau européen pour les infrastructures de transport, d’énergie, de communication, d’enseignement supérieur, tandis qu’une ressource TVA réformée ou un impôt sur les sociétés à l’échelle de l’Union financerait ces nouvelles prérogatives.

Finalement, Aristomène Varoudakis, professeur à l’Université de Strasbourg et ancien responsable de programmes à la Banque mondiale, examine les origines de la crise de la dette souveraine et les défaillances de sa gestion « controversée et insuffisante », ce qui lui permet d’avancer les changements nécessaires dans l’architecture de la zone euro, dont la mise en place d’une Union bancaire, « de manière à désamorcer le cercle vicieux entre les crises bancaires et la fragilité des finances publiques ». « La zone euro a été amenée au bord du précipice, frôlant le risque de l’effondrement », rappelle l’auteur. Or, à regarder les nombreuses réformes qu’il reste encore à mettre en place dix ans après la crise, il semblerait, à l’en croire, que la zone euro n’aurait pas aujourd’hui les moyens de freiner des quatre fers si elle venait à nouveau à être dirigée vers l’abysse.

Maria Udrescu

***      ARIEL EZRACHI : EU Competition Law. An analytical guide to the leading cases. Hart Publishing (Kemp House, Chawley Park, Cumnor Hill, Oxford, OX2 9PH, UK. Tél. : (44-1865) 517530 – fax : 510710 – Courriel : mail@hartpub.co.uk – Internet: http://www.hartpub.co.uk ). 2018, 719 p., 51 €. ISBN 978-1-50992-037-2.

Pour comprendre comment le droit de la concurrence est constamment modelé par les jugements de la Cour de justice européenne et par certaines décisions phares de la Commission, le Pr. Ariel Ezrachi propose cet ouvrage comme outil de travail. A travers treize chapitres et 719 pages, l’éminent juriste de l’Oxford University, spécialisé dans ce domaine, présente près de 500 affaires qui ont influencé la portée et l’application du droit de la concurrence. Cette sixième édition du livre est centrée particulièrement sur l’Article 101 du Traité sur le fonctionnement de l’Union européenne, lequel définit l’application du droit de la concurrence au marché intérieur pour le contrôle des collusions et des autres pratiques anti-compétitives qui affectent l’Union, et sur l’Article 102 concernant l’abus de position dominante, ainsi que sur le règlement sur les concentrations. En outre, le directeur de l’Oxford Centre for Competition Law explore « l'application publique et privée du droit de la concurrence, l'intersection entre les droits de propriété intellectuelle et le droit de la concurrence, l'application du droit de la concurrence aux actions étatiques et les lois sur les aides d’États ».  (MU)

***      IOANNIS VASSILIOU : Les entreprises dans l'UE. Monopoles, cartels, aides d'État, règles de concurrence. Editions Historical Quest (66 rue Chrisiidos, GR-13122 Ilion. Tél. : (30-210) 2611832 – fax : 2611832 – Courriel : info@historical-quest.com – Internet : http://www.historical-quest.com ). 2018, 88 p., 10 €. ISBN 978-618-5088-41-5.

Depuis sa naissance, l’Union européenne s'est engagée dans une lutte continue et cohérente pour développer et mettre en œuvre des règles rationnelles de concurrence pour les entreprises et le monde des affaires. La nécessité d'observer strictement les règles a été amplifiée par le contexte apparu depuis le début de la crise économique et financière au plan mondial : l'Union a depuis intensifié ses efforts pour que les petites entreprises soient protégées efficacement et pour éviter de soutenir toutes sortes d'entreprises en difficulté. Ses principaux objectifs restent la promotion de la libéralisation des marchés, la « guerre » contre les monopoles et le contrôle détaillé des aides d'État et des fusions. Il est clair qu'une concurrence saine et « constructive » au sein du marché » européen offre une aide précieuse aux entreprises européennes dans le contexte de la concurrence mondiale. Dans ce livre, un spécialiste de la politique régionale européenne examiner de manière critique l’action de l'Union en ce domaine afin de vérifier s’il existe effectivement des perspectives de reprise économique. Dans les chapitres du livre, Ioannis Vassiliou analyse attentivement le concept et l’importance des règles de concurrence de l'Union, ainsi que la manière dont celles-ci affectent les entreprises. L’auteur présente aussi les institutions de l'Union européenne qui sont impliquées dans le domaine de la concurrence, avant de formuler en conclusion des remarques constructives, l’ouvrage étant enrichi par une vaste bibliographie.  (AKa)

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