Le président du Parlement européen, Antonio Tajani, a une nouvelle fois exhorté les leaders européens, mercredi 13 juin à Strasbourg, à réagir immédiatement à l’urgence migratoire et à mettre enfin au point une stratégie à court et long terme pour répondre aux drames migratoires et mettre un terme aux polémiques entre les États membres qui « éloignent d’une solution ». Le problème ne peut pas être résolu « au seul niveau national ni par des polémiques entre les États membres ».
L’Italien parlait à l’occasion d’un débat sur la situation créée par l’Aquarius, ce navire affrété par deux ONG et rempli de migrants rescapés, que Malte et Rome ont refusé d’accueillir et qui ira finalement en Espagne. Une situation qui a créé aussi de vives tensions entre Rome et Paris, le Premier ministre italien, Giuseppe Conte, ayant même envisagé un temps d’annuler sa rencontre avec Emmanuel Macron, finalement maintenue à Paris vendredi 15 juin.
Le « PE a adopté une réforme de Dublin qui peut être une vraie base » pour les États membres, a dit Antonio Tajani, ajoutant qu’il se rendra à Vienne lundi 18 juin pour y rencontrer le chancelier Sebastian Kurz et lui faire valoir les propositions du PE adoptées en octobre 2017.
En début de semaine prochaine, c’est le président du Conseil européen, Donald Tusk, qui entamera une tournée des capitales européennes afin de préparer le sommet du 29 juin, que beaucoup redoutent conclusif sur la réforme controversée du règlement de Dublin.
Donald Tusk passera par Rome et les pays les plus concernés par cette révision du règlement de Dublin et par la réforme du système d’asile, mais l’itinéraire précis n’était pas encore connu, jeudi 14 juin. À ce stade, il n’y a pas « d’indication » que Donald Tusk préparera telle ou telle note de compromis, a dit une source de l’institution, mais il devrait se baser dans ses consultations sur les travaux des différentes présidences - bulgare, mais aussi estonienne ou slovaque. Le président du Conseil européen n’a pas, en tout cas, « la solution magique ».
Une solution lors du sommet du 29 juin promettait d’ailleurs d’être encore plus difficile à trouver en raison des vives divisions qui agitent également le gouvernement allemand. Jeudi 14 juin, Mme Merkel devait tenter de trouver un compromis avec son ministre de l’Intérieur, Horst Seehofer, issu de la CSU, qui souhaite pouvoir renvoyer tous les demandeurs d’asile arrivés en Allemagne vers le premier pays de l’UE où ils ont d’abord été enregistrés, comme le prévoit l’actuel règlement de Dublin.
Un programme qui, selon les médias allemands, ne plairait pas à Mme Merkel et pourrait faire dangereusement tanguer la majorité. Un Conseil des ministres franco-allemand est prévu mardi à Paris, mais, jeudi, certaines sources se demandaient si Mme Merkel serait en mesure de faire des propositions à cette occasion pour tenter, à la fin du mois, de se rapprocher de ce fameux consensus européen recherché sur Dublin et l'asile. (Solenn Paulic)