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Bulletin Quotidien Europe N° 11947
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ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES / Bce

L'appréciation de l'euro face au dollar inquiète M. Draghi

Le président de la Banque centrale européenne (BCE), Mario Draghi, a estimé que la volatilité actuelle des taux de change - marquée notamment par une appréciation de l'euro face au dollar - représente « une source d'incertitude qui nécessite un suivi quant à ses implications possibles sur les perspectives d'inflation », jeudi 25 janvier à l'issue de la réunion du Conseil des gouverneurs de la BCE.

M. Draghi réagissait aux déclarations, la veille, lors du Forum économique mondial de Davos, du secrétaire d'État américain au Trésor, Steven Mnuchin, pour qui un dollar plus faible favorise les exportations américaines.

Pour la BCE, l'appréciation de la monnaie unique face au dollar résulte certes de la croissance économique retrouvée dans la zone euro - hausse prévue du PIB de 2,4 % en 2017 et de 2,3 % en 2018 -, mais aussi de déclarations d'autres acteurs incontournables du monde économique. Il y a une différence quand nous disons 'Les décisions de politique monétaire auront un impact sur les taux de change' et quand « quelqu'un d'autre » dit 'Il faut parvenir à un taux de change faible parce que cela favorise les exportations', a noté M. Draghi.

Jeudi, l'euro a atteint le seuil symbolique de 1,25 dollar, une valorisation qui complique la mission de la BCE de faire remonter l'inflation à un niveau proche de 2 %. En 2018, la hausse des prix devrait demeurer inférieure à 1,5 % (EUROPE 11926).

QE. L'ancien gouverneur de Banca d'Italia a répété que l'opération de rachat massif de titres principalement publics ('quantitative easing' ou QE) se poursuivra jusqu'à septembre 2018 au moins et à un rythme mensuel de rachat de 30 milliards d'euros (EUROPE 11892). Si la trajectoire de l'inflation n'est pas conforme à sa mission, la BCE reste prête à modifier l'opération 'QE' en termes d'ampleur et de durée.

M. Draghi s'est inscrit en faux contre l'affirmation du Centre for European Economic Research (ZEW) selon lequel la nature des achats de titres dévierait de plus en plus de la clé de répartition du capital de la BCE, qui dépend du PIB et de la population des pays de la zone euro.

« La BCE ne favorise pas un pays par rapport à un autre », a-t-il affirmé, invitant les parties intéressées à se pencher sur le programme sur toute sa durée, à comparer les stocks détenus et à prendre en compte le délai de réinvestissement des titres arrivant à échéance. Soulignant le caractère flexible du 'QE' qui doit aussi s'adapter à la disponibilité des titres recherchés, il a dit que la BCE détenait 18 milliards d'euros des titres 'allemands' en plus par rapport à la quote-part allemande au capital de l'institut monétaire et il a noté que la Grèce était « la plus grande perdante » dans la mesure où la BCE n'achète aucun titre de dette grecque ni d'entreprises grecques.

Quant à la discussion sur la sortie du programme 'QE', celle-ci interviendra à un stade ultérieur. Même chose pour la communication de la BCE destinée à influencer les taux d'emprunt à long terme ('forward guidance').

Notant que les différences entre les positions défendues en matière de taux directeurs par ses homologues du Conseil des gouverneurs n'étaient en rien « existentielles », M. Draghi a souligné qu'il y avait « très peu de chances » que les taux évoluent d'ici à fin 2018, rappelant plusieurs fois que les taux demeureraient inchangés « bien au-delà » de la fin du 'QE'.

Jeudi, la BCE a donc décidé de maintenir les principaux taux d'intérêt à 0,00 % pour les opérations principales de refinancement, à 0,25 % pour la facilité de prêt marginal et à -0,40 % pour la facilité de dépôt. (Mathieu Bion) 

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