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Bulletin Quotidien Europe N° 11947
ÉDUCATION / Éducation

Le Sommet de l'Éducation ne tire aucune conclusion sur l'avenir financier d'Erasmus+

La Commission européenne est résolue à démontrer son attachement aux sujets humains. Après avoir organisé une réunion des chefs d'État ou de gouvernement sur le thème de l'Europe sociale en novembre 2017, elle a tenu, le 25 janvier, son premier Sommet de l'Éducation auquel ont assisté 18 ministres et 3 secrétaires d'État. Un second est déjà prévu à l'automne 2019.

Cette réunion doit, selon les termes du commissaire Tibor Navracsics, servir « à poser les fondations d'un espace européen de l'éducation qui soit solide et à le construire sur une vision claire de ce que nous voulons d'ici 2025 ». Elle n'a par contre abordé que très brièvement la question la plus en vogue du moment, l'avenir du programme Erasmus + une fois que le Royaume-Uni aura quitté l'Union européenne et que le cadre financier actuel arrivera à expiration. 

Au total, cette conférence a rassemblé (selon les chiffres de la Commission) quelque 500 participants et a donné lieu à une cinquantaine d'interventions. L'Allemagne, l'Autriche, Chypre, l'Estonie, la Finlande, la Grèce, l'Italie, la Lituanie, le Luxembourg, la Pologne et le Royaume-Uni n'étaient toutefois pas représentés au niveau ministériel. 

L'Europe, les compétences et les valeurs

Les participants ont tous insisté sur l'importance d'investir dans l'éducation. L'astronaute de l'Agence spatiale européenne, Samantha Cristoforetti, a ouvert la session par un discours enflammé sur la nécessité de s'ouvrir aux autres cultures et de poursuivre ses rêves grâce à l'éducation. La directrice générale de l'UNESCO (l'agence de l'ONU pour l'éducation), Audrey Azoulay, a insisté, quant à elle, sur l'importance pour l'Europe d'adapter ses contenus pédagogiques, d'encourager la mobilité et de promouvoir les valeurs européennes.

Le commissaire Navracsics, pour sa part, a annoncé un nouveau paquet de mesures au printemps 2018 qui s'attaquerait à l'éducation et l'accueil de la petite enfance, l'apprentissage des langues « afin que les Européens parlent deux langues en plus de leur langue maternelle » et la reconnaissance mutuelle des diplômes universitaires pour permettre plus de mobilité. 

Erasmus+ : l'éléphant dans la pièce 

Mais la Commission européenne a beau multiplier les initiatives (son dernier paquet remonte à 2 semaines à peine - EUROPE 11941), elle dépend grandement de la bonne volonté des États membres. Une limite largement soulignée par la présidente de la commission de l'éducation du Parlement européen, Petra Kammerevert (S&D, allemande). Puisque le rôle de l'UE est d'établir des objectifs communs et de partager les bonnes pratiques, pourquoi ne se doterait-elle pas d'un pacte de l'éducation avec des ambitions européennes communes, s'est-elle interrogée. Et l'eurodéputée d'aborder le sujet le plus délicat : l'avenir financier du programme Erasmus +. « Nous n'avons pas besoin que vous souligniez la valeur ajoutée d'Erasmus +, nous avons besoin de plus d'argent », a-t-elle indiqué, évoquant l'idée d'un triplement, voire d'un quadruplement, du budget actuel.

Une demande fraîchement accueillie par la ministre suédoise Anna Ekström : « on doit être prudent avec la manière d'utiliser l'argent. (...) Mais si la tendance continue, on n'aura pas beaucoup d'argent sur lequel discuter, sur la manière de le dépenser, du moins », a-t-elle répondu de manière un peu confuse, sans manquer de souligner que la Suède était un contributeur net. La Suède, nous a-t-on expliqué par après, est favorable à un budget européen moderne qui donne, par exemple, la priorité aux migrations, à la compétitivité et à la recherche. Et « il pourrait y avoir des raisons de protéger le budget Erasmus + en considérant l'ensemble du budget de l'UE ».

La ministre danoise ne s'est pas montrée davantage enthousiaste en conférence de presse. En réponse à une question du Forum européen des jeunes (qui soutient un budget 10 fois plus élevé pour Erasmus +), Merete Riisager a indiqué que le système européen ne concernait pas uniquement l'argent, mais qu'il concernait un travail commun, choisissant ainsi d'éluder la question. (Sophie Petitjean)

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