Bruxelles, 15/04/2014 (Agence Europe) - Dans la deuxième journée du Conseil Affaires étrangères, qui s'est tenu à Luxembourg, les ministres de la Défense ont donné leur feu vert, mardi 15 avril, à l'établissement d'une mission civile de soutien aux forces de sécurité intérieure du Mali (EUCAP Sahel Mali) au titre de la politique de sécurité et de défense commune (PSDC). Les ministres ont également profité de leur rencontre pour prolonger la mission militaire de formation de l'armée malienne (EUTM Mali) pour deux années supplémentaires, soit jusqu'au 18 mai 2016. Un point a également été fait sur le déploiement de l'opération militaire de l'UE en République centrafricaine (EUFOR RCA).
Mali. Alors que des groupes armés rebelles continuent d'être actifs dans le nord du Mali et que des tensions persistent avec la communauté touareg, l'UE a décidé de lancer prochainement une deuxième mission au titre de la PSDC, pour contribuer cette fois à la formation des forces civiles de sécurité. EUCAP Sahel Mali dispensera ainsi des conseils stratégiques et des formations à l'intention des trois forces de sécurité intérieure du pays que sont la police, la Gendarmerie et la Garde nationale. Tout comme pour la mission EUTM Mali, son état-major sera installé à Bamako. Le mandat sera de deux ans, une fois que le Conseil de l'UE l'aura adopté. Un budget de 5,5 millions d'euros a été alloué pour la phase de démarrage, qui durera neuf mois et s'achèvera le 14 janvier 2015. Pour la Haute représentante, Catherine Ashton, cette nouvelle mission « est une preuve supplémentaire de l'engagement de l'UE à soutenir les réformes au Mali », ce qui permettra, in fine, d'arriver « à une solution durable pour les défis sécuritaires du Mali ».
Ces défis sont nombreux et touchent également à la capacité de l'armée malienne à affirmer son contrôle dans le nord du pays et particulièrement dans la région de Kidal. À cette fin, l'UE a lancé en février une mission militaire de formation. Le mandat initial a été prévu pour assurer des cours de 12 semaines de formation pour quatre bataillons de l'armée malienne dans le camp de Koulikoro. Aujourd'hui, le Conseil a décidé de prolonger cette mission de deux ans pour laisser le temps de former d'une manière similaire les quatre derniers bataillons. Cette mission comprend également un second volet qui consiste à fournir l'expertise et le conseil notamment dans les domaines du commandement opérationnel, du soutien logistique, des ressources humaines, de la préparation opérationnelle et du renseignement. Les coûts communs de la prorogation sont estimés à 27,7 millions d'euros, pour un effectif de quelque 550 personnes.
République centrafricaine. Le chef de mission d'EUFOR RCA, le général français Philippe Pontiès, est intervenu devant les ministres pour leur annoncer que les premiers soldats commenceront à exécuter la mission qui leur a été assignée à la fin du mois d'avril. Cette capacité opérationnelle initiale se traduira ainsi par le fonctionnement à plein régime du quartier général de la force (FHQ) à Bangui et par le début de la protection et de la sécurisation de l'aéroport de M'Poko, a-t-il dit, lors d'un point de presse à Luxembourg. Si la phase préparatoire de la mission a connu certaines difficultés (EUROPE 11039), celles-ci n'ont été résolues que partiellement, juste de quoi déployer les premiers soldats. Le général Pontiès doit prochainement se tourner une nouvelle fois vers les États membres, car « pour être en mesure de remplir cette mission, de façon confortable et en traitant l'intégralité des tâches qui sont incluses dans le plan d'opération, il faudrait que nous ayons une contribution supplémentaire ». Cela concerne les capacités médicales et en termes d'effectifs, sans oublier le problème persistant du transport vers la RCA. Mais, selon lui, ce ne sont pas ces problèmes qui le préoccupent forcément le plus: « Ce sont peut-être bêtement les capacités de logement qui vont nous freiner le plus, car en Centrafrique et à Bangui, il n'y a rien, tout est à faire, tout est à construire », a-t-il dit. (JK)