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Bulletin Quotidien Europe N° 11061
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ACTION EXTÉRIEURE / (ae) commerce

UE et Ukraine versus Russie, la bagarre fait rage aussi à l'OMC

Bruxelles, 15/04/2014 (Agence Europe) - L'UE fustige la lenteur de la Russie à respecter ses engagements à l'OMC près de deux ans après son adhésion et soutient la nouvelle direction commerciale de l'Ukraine. La Russie s'inquiète, de son côté, des préférences commerciales attribuées par l'UE à l'Ukraine.

Comme les États-Unis, le Japon, la Corée du Sud, l'Australie, la Nouvelle-Zélande, la Suisse et Taïwan, l'UE a de nouveau pointé du doigt, à la réunion du comité OMC sur le commerce des marchandises, le 9 avril dernier, les multiples restrictions aux échanges de la Russie, deux ans après son adhésion à l'OMC. L'UE s'est dite « déçue par l'histoire » de la Russie à l'OMC, selon un communiqué de l'organisation, précisant qu'elle a déjà porté deux cas contre elle, l'un, fin 2013, contre les taxes de recyclage sur les véhicules importés (EUROPE 10971), l'autre, la semaine dernière, contre l'embargo sur le porc européen (EUROPE 11056). L'UE s'est aussi plainte des mesures de la Russie en matière sanitaire et phytosanitaire (SPS), comme sur la pomme de terre, les animaux vivants et les produits laitiers, et de l'imposition, par la Russie, de droits de douane appliqués plus élevés que ses taux consolidés à l'OMC sur plus de 150 produits. L'Ukraine s'est, quant à elle, plainte des restrictions russes à l'égard de ses exportations de confiseries et de produits laitiers.

La Russie a, pour sa part, assuré qu'elle appuyait pleinement la transparence à l'OMC et qu'elle avait fait à cet égard plus de 100 notifications à l'OMC, faisant valoir qu'il s'agit d'un lourd fardeau administratif pour un nouveau membre. Sur les tarifs appliqués, la Russie a dit qu'elle comptait seulement six lignes tarifaires sujettes à des différences avec les pays membres. Sur les mesures SPS, la Russie a expliqué que son embargo sur le porc, d'abord limité à deux États membres de l'UE, avait été étendu à son ensemble en raison d'un accord préalable avec l'UE. La Russie s'est aussi dite prête à résoudre ses problèmes commerciaux avec l'Ukraine en vertu de divers accords bilatéraux.

La Russie a fait part par ailleurs de sa préoccupation concernant les préférences commerciales que l'UE accordera prochainement à l'Ukraine. Elle a demandé que l'UE veille à ce que ses préférences unilatérales soient en pleine conformité avec les règles de l'OMC et ne portent pas atteinte aux intérêts des autres membres ne bénéficiant pas de ce traitement. L'UE a précisé que cette mesure avait été prise dans le cadre de son accord de libre-échange avec l'Ukraine, mesure qu'elle avait préalablement annoncée à l'OMC et dont elle a assuré qu'elle était « entièrement compatible » avec les règles de l'OMC.

Enfin, le Japon, les États-Unis et l'UE ont affiché leur soutien à l'Ukraine, se montrant confiants que son nouveau gouvernement prendra un cap économique plus libéral que son prédécesseur. Les États-Unis ont dit appuyer fortement le nouveau gouvernement ukrainien et ont salué ses nouvelles réformes orientées vers l'économie de marché, exhortant Kiev à renoncer à sa demande de renégociation tarifaire à l'OMC. L'UE a aussi exprimé son soutien à la nouvelle direction commerciale de l'Ukraine. (EH)

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