Bruxelles, 15/04/2014 (Agence Europe) - Les ministres des Affaires étrangères de l'UE, réunis à Luxembourg lundi 14 avril, ont décidé de renforcer les sanctions ciblées à l'encontre de responsables de la crise ukrainienne.
« Le Conseil décide de l'extension de la liste de ceux qui sont soumis à un gel des avoirs et à une interdiction de visa », soulignent ainsi leurs conclusions. Jusqu'à présent, 33 personnes sont sanctionnées en raison des événements en Ukraine.
Selon le ministre irlandais, Eamon Gilmore, l'extension pourrait ne pas concerner uniquement des personnes, mais « inclure également d'autres entités ». « Il a eu ce week-end une nouvelle escalade et il est juste de répondre à cette escalade par une poursuite de l'extension de la deuxième phase de sanctions », a expliqué son homologue britannique, William Hague, qui a ajouté que la Commission européenne avait assuré que le travail préparatoire sur les mesures de la phase 3 est « presque terminé ».
Dans leurs conclusions, les ministres condamnent les actions d'individus armés dans les villes de l'est de l'Ukraine. « Ces tentatives de déstabilisation de l'Ukraine doivent prendre fin », explique le Conseil, qui appelle toutes les parties à « engager un dialogue en vue d'une solution pacifique ».
Le Conseil invite Moscou à soutenir l'unité, la souveraineté, l'indépendance et l'intégrité territoriale de l'Ukraine, à « rejeter les derniers actes de non-droit dans l'est de l'Ukraine et à contribuer à stabiliser la situation ». Il demande à la Russie de rappeler ses troupes postées à la frontière ukrainienne et de retirer immédiatement le mandat du Conseil de la Fédération permettant d'utiliser la force sur le sol ukrainien. « Toute menace ou usage de la force contre l'Ukraine ou d'autres pays n'est pas acceptable et doit cesser immédiatement », ajoutent les ministres. Le président russe, Vladimir Poutine, réfute les accusations d'ingérence de Moscou dans les événements à l'est du pays. Appelant toutes les parties à la plus grande retenue, les ministres félicitent les autorités ukrainiennes pour la poursuite des opérations de maintien de l'ordre d'une « manière mesurée » et encouragent le gouvernement de Kiev « à contribuer davantage à la réduction des tensions ».
L'UE réaffirme aussi l'importance de l'engagement de la Russie et de l'Ukraine dans un « dialogue constructif » et salue la réunion prévue le 17 avril à Genève entre les ministres des Affaires étrangères russe, Serguei Lavrov, ukrainien, Andrii Dechtchitsa, le secrétaire d'État américain, John Kerry, et la Haute représentante de l'UE, Catherine Ashton. Pour les ministres, cette rencontre est un « possible début d'un processus de désescalade important ». La situation économique ukrainienne pourrait aussi être examinée lors de cette réunion, expliquent-ils. Les ministres demandent à la Russie de démontrer par des mesures de soutien sa disponibilité à participer à la stabilisation de l'économie ukrainienne.
Soulignant qu'il est prêt à aider l'Ukraine dans les domaines de la réforme du secteur de la sécurité civile, du soutien de la police et de la primauté du droit, le Conseil demande au SEAE de déployer une mission d'experts pour préparer une « assistance appropriée » en complémentarité avec les autres efforts en cours et d'élaborer un document-cadre politique pour l'approche de crise examinant toutes les options, y compris une éventuelle mission PSDC « en vue d'une décision sur la poursuite de l'action de l'UE lors de sa prochaine réunion ». La prochaine réunion du Conseil Affaires étrangères est prévue le 12 mai.
Le Conseil encourage également l'Ukraine à avancer dans son processus de réformes politiques et attend avec impatience la mise en oeuvre de la résolution du parlement ukrainien demandant le désarmement immédiat de toutes les forces illégales d'autodéfense. « Le Conseil appuie fermement la tenue d'élections présidentielles libres et équitables le 25 mai. Les États membres de l'UE participeront activement à la mission d'observation de l'OSCE », ajoutent les ministres. Ils réaffirment l'engagement de l'UE à signer les parties de l'accord d'association qui ne l'ont pas encore été « dès que possible, après les élections présidentielles ». (CG)