Bruxelles, 08/05/2007 (Agence Europe) - Les ministres de l'UE ont rencontré mardi leurs homologues et les représentants des banques centrales des pays candidats pour un dialogue sur les programmes économiques de préadhésion de ces trois pays (Ancienne République yougoslave de Macédoine, Croatie, Turquie). Dans leurs conclusions, les ministres des Vingt-sept se félicitent des progrès accomplis en vue de transformer les économies croate, turque et macédonienne, mais appellent à poursuivre les réformes budgétaires et à assurer la stabilité macro-économique. L'accent mis sur la croissance est le bon pour Joaquín Almunia, qui s'est néanmoins demandé si les scénarios de ces programmes ne sont pas trop ambitieux. Devant la presse mardi, le Commissaire a aussi souhaité que les réformes futures soient mieux détaillées. Progresser dans les privatisations, améliorer l'environnement des affaires, stimuler l'investissement, augmenter la compétitivité, renforcer les capacités administratives et l'Etat de droit, réformer le marché du travail, réduire la part de l'économie informelle, constituent ainsi les principaux défis structurels que les pays candidats doivent relever. Des efforts pour renforcer les moyens des offices de statistiques nationaux doivent aussi être accomplis afin de respecter le plan d'action sur les statistiques économiques monétaires et financières adopté en mai 2003 (à l'époque les dix pays qui ont intégré l'UE en 2004, ainsi que la Bulgarie, la Roumanie et la Turquie).
L'économie croate s'est jusqu'à présent bien comportée avec une forte croissance (4,8% en 2006 et 2007 selon les prévisions économiques de printemps de la Commission - EUROPE n° 9421), une inflation relativement faible (3,2% en 2006 et 2,3% en 2007) et une stabilité des taux de change. Le programme économique de préadhésion de la Croatie pour 2007-2009 offre un cadre macroéconomique et budgétaire cohérent à moyen terme et établit un vaste agenda de réformes, observent les ministres. Les projections macroéconomiques semblent réalistes, même si un ajustement budgétaire plus important pourrait s'avérer nécessaire, plusieurs risques existant pour les dépenses dans le domaine des retraites et des salaires, ainsi qu'au regard des subventions publiques. De 2,2% du PIB en 2006, le déficit public risque de se creuser à 2,4% en 2007, note la Commission dans ses prévisions économiques. Le plan de réformes structurelles, axé sur l'accroissement de la concurrence, la stimulation de l'emploi et la rationalisation des dépenses sociales, est approprié, même si plus pourrait être fait dans certains domaines. Et d'appeler le pays à adopter des orientations budgétaires strictes, compte tenu des risques que font naître les déséquilibres extérieurs.
L'ARYM, qui a présenté son premier programme économique de préadhésion pour 2007-2009, doit encore progresser vers une économie de marché, concluent les ministres. Globalement cohérent, le scénario économique de ce programme décrit une stratégie budgétaire ambitieuse et de nombreux domaines de réformes structurelles. Les performances économiques récentes se sont montrées solides mais le taux de croissance escompté dans le programme semble trop optimiste et le document souffre d'un manque de statistiques fiables, constatent les conclusions. Le scénario économique n'est néanmoins pas improbable et la Commission, dans ses récentes prévisions, prévoit tout de même un taux de croissance de 3,1% en 2006 et de 4,3% en 2007. L'inflation, de 3,2% l'année dernière, devrait par ailleurs retomber à 2% cette année. Au plan des finances publiques, le déficit risque de doubler entre 2006 (0,6%) et 2007 (1,2%), selon la Commission. Les aspects budgétaires du programme économique de l'ARYM semblent prudents, mais manquent de précisions sur les volets dépenses et recettes. Les réformes structurelles envisagées portent sur la libéralisation des industries de réseau, la privatisation des dernières propriétés de l'Etat, le renforcement de l'Etat de droit, l'amélioration du climat pour les entreprises, le renforcement de la compétitivité et la réforme du marché du travail. Cet agenda de réforme n'est néanmoins pas tout à fait en ligne avec les obligations de réformes en vue de l'adhésion à l'UE, soulignent les conclusions.
Les ministres approuvent la réaction des autorités turques suite aux turbulences financières rencontrées par le pays au printemps 2006. Soumis à une volatilité des taux de change et à des pressions inflationnistes, le resserrement monétaire et la poursuite de la consolidation budgétaire décidés par Ankara se sont avérés payants pour la croissance, qui est restée robuste (de 6,1% en 2006 elle devrait être de 4,9% en 2007), estiment les ministres. Les projections macroéconomiques du programme sont plausibles, indiquent les conclusions, qui se félicitent de la réduction des dépenses à moyen terme mais regrettent le manque de précisions quant aux mesures budgétaires et structurelles. L'introduction d'un nouveau système de sécurité sociale et, plus généralement, les coûts à moyen et long terme des systèmes de retraite et de santé devraient être suivis très attentivement, alors que les investissements en infrastructure devraient être augmentés dans les régions les moins développées, ajoutent les ministres. L'essentiel reste d'assurer une mise en œuvre en temps et en heure des réformes structurelles, précisent-ils, en recommandant que l'accent soit mis sur la réforme du marché du travail, le soutien à la création d'emplois et le suivi des aides d'Etat. (ab)