Bruxelles, 08/05/2007 (Agence Europe) - Les ministres européens de la Pêche n'ont pas été en mesure, dans la soirée de lundi 7 mai, d'entériner les décisions internationales sur le plan de sauvegarde des stocks de thon rouge en Méditerranée et dans l'Atlantique-Est. Ils ont échoué aussi à trouver un compromis sur les mesures de reconstitution des stocks européens d'anguilles. Le Conseil a décidé de repousser la négociation finale sur ces deux dossiers à sa prochaine réunion, les 11 et 12 juin, à Luxembourg.
Selon sa porte-parole, le Commissaire européen responsable de la pêche est « très déçu et inquiet du manque d'efforts des Etats membres pour mettre en place des mesures urgentes permettant de reconstituer les stocks de ces deux espèces ».
Selon certaines sources, la Commission européenne aurait souhaité en priorité un accord politique sur les mesures de récupération des stocks de thon rouge, censées entrer en vigueur au plus tard le 13 juin prochain. Mais la France (pour des raisons surtout de calendrier politique) ainsi que l'Italie (opposée en particulier aux changements dans les dates des saisons de pêche et au relèvement, de 10 à 30 kg, du poids en dessous duquel le thon rouge ne peut pas être débarqué et vendu) ont demandé que l'adoption de ces mesures soit repoussée à juin. Mais surtout, le Conseil a constaté, en fin de soirée, qu'il n'y avait pas le quorum requis de ministres (14 ministres) pour pouvoir passer au vote. M. Borg a averti les ministres que les quotas de pêche provisoires (décidés en décembre dernier) pour l'UE (9397 tonnes pour 2007, soit 50% de moins qu'en 2006) risquaient d'être atteints à la fin du mois de mai. Auquel cas, la Commission serait tenue de fermer la pêche. En adoptant le plan de reconstitution, les ministres auraient entériné en même temps le total admissible de capture (TAC) de l'UE plus favorable (16.700 t, soit 8% de moins que le TAC 2006) et donc repoussé l'échéance de l'épuisement des possibilités de pêche. En outre, l'Irlande et le Royaume-Uni, récemment condamnés pour avoir dépassé leurs quotas de hareng et de maquereau, ont demandé que la France et l'Espagne soient sanctionnées pour avoir dépassé leurs prises admissibles de thon rouge en 2005 et 2006. Mais, en novembre dernier, la Commission internationale pour la conservation des thonidés de l'Atlantique (CICTA) avait décidé d'effacer les dépassements de quotas, faute de données suffisantes sur les pays impliqués.
Comme il y a un mois, les ministres ont échoué à trouver un accord sur les mesures de récupération des anguilles, à cause des divergences profondes sur le repeuplement en civelles (françaises et espagnoles) des bassins européens. La France et l'Espagne étaient prêtes à accepter un objectif chiffré de repeuplement (autour de 50% des civelles capturées à l'horizon 2013), à condition de prévoir une clause de sauvegarde en cas de trop forte baisse des prix des civelles payées par les pays du Nord pour ces opérations de repeuplement (les prix pratiqués dans l'UE sont bien inférieurs à ceux des marchés asiatiques). Mais la Présidence allemande n'a pas souhaité reprendre dans le texte de compromis l'offre de l'Espagne et de la France, provoquant ainsi un blocage du dossier. (lc)