Bruxelles, 08/05/2007 (Agence Europe) - Comme l'a fait le président de la Commission européenne (voir EUROPE n° 9421), Olli Rehn a tenu, lundi devant la commission des affaires étrangères du Parlement européen, à rappeler que les négociations avec la Turquie sont menées dans le cadre d'un mandat clair. Commentant les dernières déclarations du prochain président français, Nicolas Sarkozy, relatives à l'adhésion de la Turquie à l'UE, le Commissaire européen chargé de l'élargissement a souligné que « la Commission travaille avec la Turquie sur la base d'un mandat adopté par les Etats membres à l'unanimité ». « Si un des Etats membres veut remettre en cause ce mandat, il devra en assumer l'initiative et les conséquences », a-t-il affirmé avant de recommander, au nom de la Commission, «aux Etats membres de ne pas prendre des décisions précipitées ». Et d'ajouter: « Il faut que l'UE soit rigoureuse avec la Turquie et tienne parole ». M. Rehn a aussi rappelé qu'avant toute autre chose et un autre élargissement, il faudra repenser le volet institutionnel de l'UE.
M. Rehn a aussi réaffirmé les perspectives européennes pour les Balkans occidentaux, y compris la Serbie, mais s'est dit « inquiet » par rapport au manque « d'habileté des partis pro-européens » qui n'ont toujours pas réussi à former un gouvernement. En ce qui concerne le Kosovo, dont l'évolution vers un statut définitif « est liée à la situation en Serbie », M. Rehn a affirmé que « les positions de Belgrade et de Pristina sur le statut du Kosovo » étaient diamétralement opposées, mais qu'il « était possible de se mettre d'accord » sur les autres propositions du plan de l'envoyé spécial de l'ONU Martti Ahtisaari, y compris la protection des minorités. Etant donné qu'il n'y pas d'accord sur « une seule phrase » de ce plan, a constaté M. Rehn, « il est essentiel que le Conseil de sécurité de l'ONU prenne les mesures nécessaires et aboutisse à une solution », a-t-il dit en réaffirmant que l'UE doit parler d'une seule voix sur cette question.
Mardi, la Commission européenne a exprimé son espoir que les Etats membres seront en mesure d'ouvrir d'ici la fin de la Présidence allemande (fin juin) les négociations d'adhésion avec la Turquie sur trois nouveaux chapitres: affaires économiques et monétaires, contrôle financier, statistiques. (aby/hb)