Le Premier ministre hongrois, Péter Magyar, pourrait se rendre à Bruxelles, fin mai ou début juin, pour effectuer sa première visite auprès des institutions de l'Union européenne depuis sa prise de pouvoir, début mai, notamment pour finaliser avec la Commission européenne les discussions relatives à la modification du plan hongrois de relance post-Covid-19 (EUROPE 13848/9).
« Nous avons l'intention de finaliser les détails techniques dès que possible afin que la Hongrie puisse soumettre son plan de relance pour révision fin mai ou début juin », a déclaré, mardi 26 mai, Maciej Berestecki, porte-parole à la Commission européenne. Il a confirmé que l'institution de l'UE répondrait « en temps voulu » à une lettre spécifique transmise par les autorités hongroises.
Adopté fin 2022 par le Conseil de l'UE (EUROPE 13082/2), le plan de relance hongrois, doté de 10,4 milliards d'euros sous forme de subventions, a été partiellement mis en œuvre par le précédent gouvernement 'Orbán', notamment avec des investissements. Il n'a toutefois bénéficié d'aucun versement de fonds européens, tout paiement étant conditionné à la réalisation de 27 mesures préalables ('supermilestones') destinées à renforcer la protection des intérêts financiers de l'UE et le système judiciaire hongrois.
Les autorités hongroises doivent donc, en parallèle, concrétiser les 27 mesures préalables et modifier le plan de relance national afin de négocier avec la Commission les investissements et les réformes déjà effectués, ou pouvant encore l'être d'ici fin août, afin de bénéficier d'un maximum de fonds européens. Une autre possibilité serait de transférer certains fonds européens vers d'autres allocations pour la Hongrie dans le cadre d'autres instruments financiers, comme le programme InvestEU, ou vers la banque nationale de développement, à condition de respecter - à travers ces canaux - les objectifs du plan de relance Next Generation EU.
Lors de sa venue à Bruxelles, M. Magyar devrait aussi aborder la question du plan hongrois dans le cadre de l'instrument 'SAFE' de prêt aux États membres pour accroître leurs dépenses de défense, l'enveloppe pré-allouée à la Hongrie s'élevant à 16,2 milliards d'euros.
Lié à la concrétisation des 27 mesures préalables, le déblocage de fonds européens de cohésion ne constitue pas une priorité dans la mesure où les délais sont liés à l'exécution du cadre financier pluriannuel 2021-2027. (Mathieu Bion)