Les ministres de l’Agriculture de plusieurs pays de l’UE (l'Autriche, la Hongrie, la Pologne, la Roumanie, la Belgique, l'Italie et la Grèce) ont exprimé, mardi 26 mai, lors du Conseil 'Agriculture', leur opposition à la proposition de la Commission européenne (du 21 janvier - https://aeur.eu/f/m1r ) visant à classer le soja, dans le cadre de la directive sur les énergies renouvelables, comme matière première présentant un risque élevé de changement indirect d’affectation des sols (ILUC pour Indirect Land Use Change).
Cette proposition prévoit de ramener progressivement à zéro l’utilisation du soja dans la production de biodiesel dans l’UE.
Le ministre autrichien, Norbert Totschnig, a estimé qu'une telle classification du soja pourrait remettre en cause « l’indépendance de l’Union européenne en protéines végétales ». Selon lui, exclure le soja produit en Europe porterait « gravement atteinte aux chaînes de valeur existantes », dans lesquelles la production de biodiesel constitue un débouché important, représentant jusqu’à 80% de l’utilisation de l’huile de soja. Il estime que le soja européen devrait être traité différemment du soja importé d’autres régions du monde.
Le commissaire européen à l’Agriculture, Christophe Hansen, a estimé que « toute demande supplémentaire de l’UE en biocarburants peut indirectement entraîner une extension des terres agricoles riches en carbone ailleurs dans le monde ». Pour cette raison, la classification s’applique indépendamment de l’origine. « Exempter la production de l’UE serait contestable sur le plan juridique et scientifique. L’impact sur les agriculteurs de l'UE devrait être limité. La consommation de tourteau de soja dans l’alimentation animale n’est pas affectée », a conclu M. Hansen.
La note de l'Autriche : https://aeur.eu/f/m1s (Lionel Changeur)