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Bulletin Quotidien Europe N° 13874
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ACTION EXTÉRIEURE / Élargissement

Les propositions du chancelier Merz sur l’élargissement suscitent des réactions mitigées ; de nouvelles discussions attendues au Conseil européen

Les propositions du chancelier allemand, Friedrich Merz, concernant l’élargissement, qui suggèrent la possibilité d’accorder à l’Ukraine un « statut de membre associé » sans droit de vote ainsi qu’un statut d’observateur, et d’offrir aux Balkans occidentaux un accès privilégié au marché unique (EUROPE 13872/3), ont suscité des réactions mitigées parmi les États membres de l’UE. Une majorité de pays estiment toutefois que la priorité doit rester l’avancement du processus d’adhésion classique. De nouvelles discussions sur l’élargissement et sur les implications concrètes des idées allemandes sont néanmoins attendues lors du prochain Conseil européen, en juin.

« Ce que le chancelier Merz a proposé est une initiative très intéressante. Évidemment, elle a suscité des avis divers, y compris en Ukraine et parmi d’autres États membres », a expliqué le ministre d’État irlandais chargé des Affaires européennes, Thomas Byrne, dont le pays assumera à partir du 1er juillet la prochaine présidence du Conseil de l’UE. « Notre objectif, en tant que Présidence, sera de faire avancer tout cela dans le cadre de la méthodologie actuelle, et nous pensons que celle-ci peut produire de grands résultats. Si les États membres souhaitent la modifier, il s’agira sans aucun doute d’un débat que les dirigeants devront avoir », a-t-il précisé lors du Conseil 'Affaires générales' de mardi 26 mai préparant le prochain sommet européen de juin.

Bien que l’ordre du jour de la prochaine réunion des chefs d’État et de gouvernement de l’UE, en juin, « ne prévoie pas » de discussion sur l’adhésion, « on s’attend à ce que cette question soit abordée dans le contexte de la prochaine discussion sur l’Ukraine », a expliqué une source européenne à Agence Europe, en insistant sur le fait que « l’accent est actuellement mis sur le processus formel d’adhésion ».

Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a clairement affirmé ces derniers jours sur les réseaux sociaux que « la place de l’Ukraine dans l’Union européenne doit être entière, pleine et égale ».

L’Estonie et la Pologne figurent parmi les pays ayant rejeté le plus clairement la proposition allemande, en insistant pour l’ouverture, d’ici juin, des six groupes thématiques de négociation avec l’Ukraine et la Moldavie. « Il n’y a actuellement aucune raison de se concentrer sur la proposition allemande », a déclaré le ministre estonien des Affaires étrangères, Margus Tsahkna. « Nous disposons déjà d’un processus qui a fonctionné par le passé et nous voulons nous concentrer sur celui-ci. C’est la voie à suivre», a ajouté le secrétaire d’État polonais Ignacy Niemczycki.

La Suède, la Lituanie, la Roumanie et la Croatie ont également plaidé pour progresser dans l’ouverture des groupes de négociation avec la Moldavie et l’Ukraine. 

En revanche, des pays comme la Finlande, le Danemark et la Lettonie se sont montrés plus ouverts à discuter les détails de la proposition du chancelier allemand. 

« La Finlande est ouverte à différents types de solutions lorsqu’il s’agit d’intégrer l’Ukraine à la famille européenne », a expliqué le ministre chargé des Affaires européennes, Joakim Strand. 

« Nous sommes prêts à discuter de la manière dont nous pouvons accélérer encore davantage la procédure d’élargissement, dans le cadre d’une approche fondée sur le mérite », a expliqué la ministre danoise des Affaires européennes, Marie Bjerre, tout en insistant sur le fait que « la première étape devrait être l’ouverture formelle des groupes de négociation, dans le cadre traditionnel ».

L’Autriche a également signalé son ouverture à une discussion « constructive » sur les propositions allemandes. « Nous voyons ici de nombreuses similitudes avec le modèle autrichien d’intégration progressive. Mais, au final, il ne peut pas y avoir deux catégories de pays candidats à l’adhésion. Les mêmes règles et exigences doivent s’appliquer à tous les candidats », a déclaré la ministre autrichienne chargée de l’Europe, Claudia Bauer.

« Nous sommes ouverts à toutes les contributions et réflexions. Ce qui est important pour nous, à ce stade, c’est d’accompagner la forte dynamique autour de l’élargissement », qui est « un processus fondé sur le mérite », a ajouté de son côté le secrétaire d’État espagnol chargé des Affaires européennes, Fernando Sampedro. « Toutes ces réflexions sont également utiles pour penser en interne à la manière dont l’UE doit être réformée, notamment en étendant les décisions à la majorité qualifiée afin d’être prête à un élargissement », a-t-il ajouté.

« Nous avons avancé dans le cadre de la méthodologie établie », a expliqué, à l’issue de la réunion, la vice-ministre chypriote chargée des Affaires européennes, Marilena Raouna, réaffirmant l’objectif de tenir des conférences intergouvernementales avec l’Ukraine et la Moldavie avant la fin du mandat de la la Présidence chypriote du Conseil de l’UE, d’ici la fin du mois de juin. (Ana Pisonero Hernández)

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