login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 13874
Sommaire Publication complète Par article 23 / 37
Invasion Russe de l'Ukraine / DÉfense

Les dirigeants des pays baltes appellent l’UE à faire plus pour défendre leurs territoires

Les présidents des pays baltes (la Lituanie, la Lettonie et l'Estonie) ont appelé l’Union européenne, mardi 26 mai, à renforcer ses actions pour aider ces pays à protéger leurs frontières. La semaine dernière, les Baltes ont subi des incursions de drones dans leurs espaces aériens.

« Il ne s’agit pas seulement d’incidents isolés, mais d’une nouvelle réalité sécuritaire en Europe. Le ciel des pays baltes n’est pas suffisamment sûr aujourd’hui », a souligné, depuis Vilnius, le président lituanien, Gitanas Nausėda, aux côtés de ses homologues baltes et de la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen. Cette dernière a estimé que les incidents de ces derniers jours exposaient les vulnérabilités de l’Europe.

« Ce qui se passe à la frontière orientale n'est pas seulement un problème pour les États baltes. C'est une épreuve pour la sécurité de toute l'Union européenne. L'Europe doit démontrer qu'elle est capable de défendre ses frontières, ses citoyens et sa liberté. Et je n'ai aucun doute qu'elle le fera », a ajouté Gitanas Nausėda.

Les présidents baltes ont appelé à répondre de manière calme, coordonnée, mais ferme, et à prendre des actions de manière plus rapide et plus concrète. « Nous sommes convenus que l'Union européenne doit accélérer considérablement ses efforts pour renforcer la sécurité sur son flanc oriental », a souligné le président lituanien. Ainsi, selon lui, il est impératif de mettre en œuvre au plus vite l'initiative de surveillance du flanc oriental, « notamment le renforcement de la surveillance de l'espace aérien, le déploiement de systèmes anti-drones, la défense aérienne, la mobilité militaire et la connaissance de la situation sur l'ensemble du flanc ».

De plus, il est urgent de renforcer l'initiative européenne de défense anti-drones. « Nous avons besoin de systèmes radars, de capteurs et de systèmes d'interception modernes, ainsi que d'une coordination régionale étroite », a expliqué Gitanas Nausėda.

« La priorité absolue est de renforcer les capacités de détection de drones et de défense aérienne à plusieurs niveaux. Les projets de défense européenne d’intérêt commun, notamment la surveillance du flanc est, doivent se concrétiser beaucoup plus rapidement. Nous comptons sur un soutien accru de l’UE à cet égard », a ajouté le président estonien, Alar Karis, précisant qu’il fallait en outre renforcer la coopération entre les industries de défense européenne et ukrainienne.

Ursula von der Leyen a plaidé pour la mise en place de systèmes d'alerte plus unifiés et une meilleure coordination transfrontalière. « L’initiative de surveillance du flanc est doit devenir un pilier central de l'architecture de sécurité européenne », a-t-elle expliqué. Selon la présidente de la Commission, il faut également mieux connecter les systèmes nationaux, notamment avec Copernicus et Galileo, afin de permettre un meilleur partage d'informations transfrontalier et une capacité d'alerte précoce accrue. « Nous pourrions lancer, en pleine coordination avec l'OTAN, une évaluation complète des systèmes anti-drones et d'alerte précoce existants dans la région afin d'identifier ensemble les lacunes critiques et d'accélérer ensuite le soutien là où il est le plus nécessaire, puis de combler ces lacunes », a-t-elle proposé.

La protection des infrastructures critiques est tout aussi essentielle, a expliqué le président lituanien, appelant à protéger les réseaux énergétiques, les interconnexions, les systèmes de communication et les infrastructures de transport contre les menaces hybrides et physiques.

Ursula von der Leyen a en outre appelé à réfléchir à l’élaboration d’un protocole pour les situations d’attaques hybrides, telles que les attaques hybrides et cyberattaques, les ingérences étrangères et la désinformation. Selon elle, un tel protocole « permettrait une mobilisation rapide de tous les instruments disponibles de l'UE ».

À plus long terme, les présidents ont plaidé pour que le prochain cadre financier pluriannuel aide également les régions frontalières. « Les régions qui se trouvent actuellement en première ligne de la sécurité européenne doivent bénéficier d'une attention et d'investissements européens adéquats. Leurs dimensions sociales, démographiques et économiques doivent être correctement prises en compte », a estimé Gitanas Nausėda. Son homologue letton, Edgars Rinkēvičs, a plaidé pour le développement de plus d'instruments pour encourager la vie économique dans les régions frontalières, « car chaque incident a un impact et nous devons rassurer les populations locales en leur montrant que les gouvernements nationaux et l'Union européenne prennent soin d'elles ».

La présidente de la Commission européenne a rappelé que des fonds étaient à disposition des pays baltes, notamment 12 milliards d’euros au travers de l’instrument 'SAFE'. De plus, la Commission a réaffecté 1,5 milliard d'euros des fonds de cohésion aux États baltes pour la préparation de la défense, la surveillance des frontières et la sécurité économique.

Enfin, les présidents ont appelé à poursuivre le soutien à l’Ukraine et la pression sur la Russie. (Camille-Cerise Gessant)

Sommaire

INSTITUTIONNEL
POLITIQUES SECTORIELLES
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES
DROITS FONDAMENTAUX - SOCIÉTÉ
Invasion Russe de l'Ukraine
ACTION EXTÉRIEURE
BRÈVES