Outre la cohésion et les pistes de financements, un autre sujet de division a surgi au sujet du prochain cadre financier pluriannuel (CFP), mardi 26 mai, lors de la réunion du Conseil 'Affaires générales' (CAG) de l'UE.
Une série de pays de l’est et du sud de l’Union se sont inquiétés des conséquences des « critères d’excellence » qui doivent déterminer l’allocation des fonds issus du Fonds pour la compétitivité dans le budget 2028-2034, selon la proposition initiale de la Commission. À leurs yeux, ces fonds pourraient bénéficier outre mesure à des entreprises issues des économies les plus avancées, à l’ouest et au nord de l’Union, au détriment des autres.
« Il faut aussi veiller à ce que ce pilier d’excellence ne soit pas utilisé de façon à accentuer les disparités au sein de l’UE », a résumé la ministre roumaine des Affaires étrangères, Oana-Silvia Țoiu.
Même son de cloche du côté du Portugal et de la Croatie, dont la Secrétaire d’État, Andreja Metelko-Zgombić, a estimé que l’UE devait ainsi éviter la création d'« îlots d’excellence ». Ces pays défendent dès lors un minimum d’équilibre géographique dans l’allocation de ces financements aux entreprises.
« C’est une manière habile de négocier pour ces pays, qui poussent en parallèle pour un renforcement de la cohésion », a jugé un diplomate. « Or, le but même de ce fonds pour la compétitivité est bien de favoriser l’innovation afin de rivaliser avec la Chine ou les États-Unis ».
Du côté français, le ministre Benjamin Haddad a défendu ce « principe d’excellence » afin de contribuer aux succès de « champions européens ». (Clément Solal)