La porte-parole du Sercice européen pour l'action extérieure, Anitta Hipper, a annoncé, mardi 26 mai, que l'UE maintenait « sa présence et ses opérations à Kiev » au lendemain des avertissements russes appelant les étrangers à quitter la capitale ukrainienne, qualifiant ces « menaces » d'« escalade inacceptable ».
« L'UE a déclaré qu'elle maintiendrait sa présence diplomatique à Kiev inchangée, malgré les avertissements de la Russie. Eh bien, apparemment, ils ont des diplomates en surnombre et doivent réduire les effectifs », a réagi le vice-président du Conseil de sécurité de la Fédération de Russie, Dmitry Medvedev.
Dans la nuit de samedi 23 à dimanche 24 mai, la Russie a lancé plus de 600 drones et 90 missiles, dont des missiles balistiques Orechnik, capables de transporter des ogives nucléaires, sur l'Ukraine.
« Nous avons constaté que la Russie cherche uniquement à semer la panique en proférant ces menaces. Elle veut instaurer la peur et l’isolement en Ukraine et ailleurs, mais notre message est clair : cela ne fonctionnera pas », a promis Mme Hipper. Elle a annoncé que l'UE avait convoqué le chargé d'affaires russe, appelant à ce que cessent les frappes contre les civils et à engager de véritables négociations de paix, débutant par un cessez-le-feu total et inconditionnel.
« Toute attaque internationale intentionnelle contre des civils et des objectifs non militaires constitue un crime de guerre. Tous les commandants, auteurs et complices de ces graves violations du droit international humanitaire devront répondre de leurs actes », a-t-elle ajouté.
Dès dimanche, les dirigeants européens avaient condamné les attaques russes, qualifiées par le président du Conseil européen, António Costa, d'« escalade irresponsable » et de « démonstration de brutalité impitoyable ».
« Ces actes de terrorisme odieux visent à tuer le plus grand nombre de civils possible. L'utilisation de missiles balistiques Orechnik relève de la tactique d'intimidation politique et d'une politique nucléaire dangereuse et irresponsable », a ajouté la Haute Représentante, Kaja Kallas.
« La terreur contre les civils n'est pas un signe de force. C'est le désespoir », a jugé la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen.
Celle-ci a promis que l'UE apporterait un soutien supplémentaire à l'Ukraine pour renforcer ses systèmes de défense aérienne, alors que Mme Kallas a rappelé que les ministres des Affaires étrangères européens discuteront, cette semaine, des moyens d'accroître la pression sur la Russie. (Camille-Cerise Gessant)