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Bulletin Quotidien Europe N° 13735
POLITIQUES SECTORIELLES / Transports/industrie

La France et l’Espagne souhaitent maintenir l’interdiction de produire des véhicules à moteur thermique à partir de 2035

Les ministres européens de l’Environnement ont discuté de l’interdiction de production de véhicules à moteur thermique à partir de 2035, mardi 21 octobre à Luxembourg, à la demande de la France et de l'Espagne, la veille au soir.

D'après une source européenne, l'Allemagne, l'Autriche et l'Italie ont essayé d'empêcher l'ajout de ce point à l'ordre du jour. Alors que certains ministres de l’Industrie (EUROPE 13719/4) et des eurodéputés (EUROPE 13726/7) aimeraient revenir sur cet objectif 2035, la France et l’Espagne souhaitent le défendre. Dans leur demande, elles ont estimé que l’'UE n'atteindrait pas la neutralité carbone en 2050 sans remplacer progressivement les véhicules thermiques, responsables d'environ 15% des émissions de CO2, par des véhicules électriques.

Pour elles, « la voiture électrique représente une opportunité industrielle et économique majeure, qui permettra de développer de nouvelles chaînes de valeur stratégiques sur le sol européen et de réduire la dépendance de l’UE à l'égard des importations d'hydrocarbures. » Les deux pays refusent aussi d’assouplir les règles vis-à-vis des véhicules hybrides rechargeables, principalement utilisés en mode thermique.

Cependant, étant donné la situation délicate dans laquelle se trouve l’industrie automobile européenne, confrontée à une croissance lente et une concurrence féroce, ils conviennent de la nécessité d'offrir plus de flexibilités au secteur, mais soumises à des conditions strictes. Outre l’amendement ciblé au règlement relatif aux normes de CO2 (EUROPE 13649/31), ils proposent de mettre en place un comptage préférentiel ('super-crédits') pour les véhicules qui répondent aux objectifs. Cette mesure renforcerait la réduction des émissions de CO2 associée à la production européenne par rapport à la production plus polluante dans les pays tiers.

Ils suggèrent aussi de prolonger jusqu’à cinq ans la période de lissage des émissions pour les véhicules utilitaires légers et d’autoriser les constructeurs à comptabiliser toutes les immatriculations de véhicules électriques de catégorie N2 dans leurs objectifs N1, sans limites de poids minimum.

« Nous demanderons aujourd’hui de renforcer et soutenir la production européenne, le ‘Made in Europe’, dans le cadre de cette transition. C’est un enjeu de souveraineté et de décarbonation, mais cela doit se faire avec flexibilité », a commenté Benjamin Haddad, ministre délégué français chargé de l'Europe, en marge du Conseil 'Affaires générales'.

D’après une autre source européenne, le sujet sera mentionné dans les conclusions du Conseil européen qui se tiendra jeudi 23 octobre.

Lire le document (en anglais) : https://aeur.eu/f/j2r  (Anne Damiani, avec la rédaction)

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