Les eurodéputés sont partagés sur les moyens de renforcer la sécurité intérieure de l’UE et notamment sur les attributions nouvelles à confier aux agences comme Europol ou aux forces de police nationales pour accéder à davantage de données, dont les données cryptées.
Les élus se sont divisés sur le sujet selon leurs familles politiques, à l’occasion d’un débat avec le commissaire européen aux Affaires intérieures, Magnus Brunner, le PPE au PE accusant la « gauche européenne », comme l’a fait le Suédois Tomas Tobé, de ne pas vouloir s’attaquer aux problèmes, tout comme le groupe ESN qui juge la « gauche » responsable de l’insécurité dans l’UE.
Pour le groupe S&D au PE ou les Verts/ALE de Birgit Sippel (allemande) et Saskia Bricmont (belge), renforcer la sécurité ne passe pas automatiquement par le renforcement de la surveillance de la population, encore moins par la répression, l’élue belge citant des épisodes de violences policières à Bruxelles le 14 octobre lors de la grève générale.
En 2026, la Commission présentera, entre autres, un nouveau mandat pour l’agence de coopération policière, Europol, un nouveau paquet législatif avec « une nouvelle définition du crime organisé » ou une 'feuille de route' sur l’accès aux données cryptées ou une action sur la rétention des données, l’étude d’impact lancée sur ce sujet devant être « finalisée au premier trimestre » 2026, a souligné le commissaire.
Citant les différentes menaces auxquelles l’UE est confrontée, à l’est de l’UE ou au sud, avec le conflit au Proche-Orient « qui divise nos communautés » et peut alimenter le terrorisme, le commissaire veut rattraper le retard technologique des forces de l’ordre sur les groupes criminels qui opèrent désormais et recrutent « en ligne ».
Pour Europol, il s’agira de déployer tout son « potentiel » et d’aller plus loin dans l’analyse des données, de renforcer l’échange d’informations.
Le paquet sur la criminalité permettra entre autres de développer de nouveaux outils d’investigation et le travail sur l’accès aux données cryptées devra aussi se faire dans le respect des droits humains, a encore dit le commissaire.
Le groupe PPE au PE a insisté, lors du débat, sur le respect des policiers ou sur les coopérations transfrontalières avec des programmes de formation communs et d’apprentissage des langues pour les forces publiques. Il a été suivi par le groupe CRE et la Belge Assita Kanko, qui a souligné que les policiers doivent être plus valorisés et que leur soutien est une responsabilité partagée par la société dans son ensemble.
« Dans chaque pays européen, vous entendrez des histoires horribles sur la façon dont les policiers sont traités. Nous devons les honorer. Nous devons les soutenir. Nous devons répondre à leurs besoins en optimisant les ressources pour améliorer leur fonctionnement et leur bien-être, et en redonnant un sens à leur mission ».
Le groupe Renew Europe, par la voix de Fabienne Keller (française), a insisté sur le « renforcement des capacités des agences de l’UE, la valorisation de l’action de terrain et l’esprit de coopération entre les polices, douanes et gendarmeries nationales », en étant « fermes sur les règles et respectueux de l’État de droit ». (Solenn Paulic)