Les ministres européens de l’Environnement et du Climat ont adopté, mardi 21 octobre, les conclusions du Conseil de l’UE sur les préparations à la COP30, qui débute le 10 novembre à Belém (Brésil).
Alors que le texte aurait dû être adopté rapidement, malgré certains points mineurs qui faisaient encore débat en Comité des représentants permanents nationaux auprès de l’UE (Coreper) (EUROPE 13731/5), la Grèce a fait retarder l’adoption. Le pays, qui est l'une des plus grandes puissances maritimes, ne souhaitait pas que le texte fasse mention d'un « accueil favorable » au cadre 'zéro émission nette' de l'OMI (Organisation maritime internationale) visant à réduire les émissions du transport maritime.
L’adoption de ce système des Nations unies a fait l’objet d’un report d’un an, le 17 octobre, après l’opposition des États-Unis. C’est une décision qu’a regrettée l’UE (EUROPE 13733/27). Lors du vote sur ce report, la Grèce et Chypre se sont abstenues.
Après une légère tentative de modification dans la matinée, la Présidence danoise du Conseil de l'UE a finalement retiré complètement cette mention en fin de journée, ce qui a permis d'assurer l'unanimité.
Un autre changement mineur concerne l’ajout d’une mention de 582 GW de nouvelle capacité d’énergie renouvelable ajoutés en 2024 à l’échelle mondiale.
Contributions déterminées au niveau national. Les conclusions appellent toutes les parties à l’Accord de Paris sur le climat qui ne l’ont pas encore fait à soumettre urgemment leur 'Contribution déterminée au niveau national' (NDC). Elles demandent aussi que ces NDC soient « alignées sur les trajectoires d’émissions qui limitent le réchauffement climatique à 1,5°C ».
« Si vous regardez à quoi ressembleront les NDC, particulièrement celle des plus grands émetteurs, il est prudent de supposer que nous ne serons pas à la hauteur », a indiqué le commissaire européen au Climat, Wopke Hoekstra, à son arrivée au Conseil.
Il a ainsi fait mention des États-Unis, qui se sont tout simplement retirés de l’Accord de Paris, et de la Chine, responsable de 30% des émissions mondiales, qui a proposé une NDC qui « est bien en deçà de ce que la science dit être nécessaire » (EUROPE 13732/5).
Pourtant, l’UE n’a pas encore rendu sa NDC définitive.
Ne s’étant pas encore accordés sur un objectif climatique pour 2040, les États membres de l’UE ont simplement validé une 'déclaration d’intention' comprenant une fourchette indicative de réduction des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2035 par rapport à 1990 (entre 66,25 et 72,5%) (EUROPE 13721/10).
À la demande de plusieurs États membres, les dirigeants aborderont la cible 2040 lors du Conseil européen du 23 octobre (EUROPE 13734/13). La Présidence danoise du Conseil de l’UE espère ensuite que les ministres européens du Climat parviendront, lors d’un nouveau Conseil 'Environnement' extraordinaire planifié le 4 novembre, à un accord sur l’objectif 2040, qui permettra de calculer directement l’objectif 2035.
« Le but du Conseil européen, mais aussi du Conseil 'Environnement', est de garantir que nous fixions un objectif ambitieux, mais réaliste, pour 2040. Il en va de même pour 2035 », a rappelé Wopke Hoekstra.
Pour voir les conclusions : https://aeur.eu/f/j2q (Pauline Denys)