La Direction générale 'Action pour le climat' (DG CLIMA) de la Commission européenne a organisé, mardi 30 septembre, une conférence de haut niveau réunissant parties prenantes et décideurs politiques, à quelques semaines de la COP30 qui se tiendra du 10 au 21 novembre à Belém (Brésil).
La journée a été jalonnée de tables rondes et d’ateliers consacrés à l’innovation, à la diplomatie climatique et au suivi des politiques climatiques et s’est conclue par un entretien mené par la journaliste du Financial Times Alice Hancock avec Wopke Hoekstra, commissaire européen au Climat, à la Neutralité carbone et à la Croissance propre.
Ce dernier a défendu la trajectoire européenne vers 2040 et l’objectif de réduction de 90% des émissions nettes de gaz à effet de serre par rapport à 1990, proposé par la Commission en juillet dernier (EUROPE 13672/2).
De cet objectif doit découler la future contribution déterminée au niveau national (NDC) pour 2035.
Admettant que les « discussions politiques (au Conseil de l'Union européenne) sont plus compliquées » que cela n’avait été envisagé, Wopke Hoekstra s’est toutefois dit « optimiste ».
« Avant Belém, nous aurons une NDC, dont nous avons besoin, et un objectif 2040. Et s'il fallait un peu plus de temps, ce ne serait pas la fin du monde », a-t-il avancé, se disant convaincu de l'engagement européen.
Aussi, a-t-il rappelé l’accord unanime des ministres européens au Conseil ‘Environnement’ du 18 septembre (EUROPE 13712/2) sur la « déclaration d’intention » fixant une fourchette de réduction comprise entre 66,25 et 72,5% d’ici 2035.
À propos des crédits carbone internationaux, il a défendu l’option « limitée et crédible » avec un plafond « autour de 3% », telle que présentée dans la proposition de la Commission européenne, en affirmant que « le climat (...) ne se souci(e) pas d'où les émissions sont rejetées dans l'atmosphère ».
Au sujet des ambitions climatiques des autres grands poids lourds de la scène économique internationale, le commissaire européen a avancé que l’UE avait tendance à « surestime(r)» son pouvoir d’influence à leur égard.
Rappelant que la Chine représentait 30% des émissions mondiales, il a estimé que son annonce de NDC de seulement 7 à 10% d’ici 2035 restait bien deçà des objectifs espérés.
Par ailleurs, il a regretté le retrait américain de la diplomatie climatique internationale - le Président américain, Donald Trump, ayant signé, dès le début de son mandat, en janvier, un décret de retrait de l'Accord de Paris de 2015 -, notant toutefois que de nombreuses entreprises, villes et États américains poursuivaient la transition.
Au sujet des politiques menées par l’UE, Wopke Hoekstra s'est exprimé en faveur d'objectifs fermes, mais « pragmatiques ».
S’il a rappelé que l’UE est « au plus près » de la trajectoire vers -55% pour 2030, le commissaire européen a déclaré que certains dossiers - comme les puits de carbone (LULUCF), le nouveau système d'échange de quotas d'émission ('ETS2') ou encore l’interdiction des moteurs thermiques en 2035 - devaient parfois tenir compte d'ajustements.
« Je préfère que nous fassions preuve de bon sens. Changeons les choses, rendons-les réalisables, faisons-le d'une manière qui nous permette d'obtenir une majorité démocratique, puis passons à autre chose », a-t-il affirmé.
À propos de l'ETS2', qui démarrera en 2027, Wopke Hoekstra a assuré que la Commission étudiait les inquiétudes des États membres afin d’anticiper toute hausse excessive des prix pour les ménages. (Nithya Paquiry)