login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 13582
Sommaire Publication complète Par article 20 / 35
INSTITUTIONNEL / Budget

« Les négociations seront difficiles », a reconnu Piotr Serafin à propos du cadre financier pluriannuel post-2027

« Nous savons tous – et je ne le cache pas – que ces négociations seront difficiles, qu’il faudra faire des choix complexes », a déclaré le commissaire européen au Budget, Piotr Serafin, à propos du futur budget à long terme de l’UE, mardi 18 février à Varsovie.

Le cadre financier pluriannuel post-2027 était l'objet, entre autres points, des échanges de la réunion informelle des Affaires générales de l'UE, à Varsovie. Cette première discussion avec les États membres a été un « très bon test des différentes priorités du CFP : la sécurité et la défense, la compétitivité et la cohésion ». Le commissaire européen au Budget a pu constater « un large consensus ou, du moins, une convergence importante » sur ces dernières. 

Les désaccords se nichent dans l'articulation des priorités entre elles, pour des questions de sommes, et avec les limites propres au budget. Et Piotr Serafin a beau avoir demandé aux ministres de ne pas se concentrer « uniquement sur le montant » du budget, mardi 18 février, les priorités risqueraient de se faire de l'ombre si le budget de l'UE n'était pas suffisant, face à des besoins grandissants.

Pas opposée à une discussion européenne sur les dépenses militaires, la Suède a estimé qu'il s'agissait avant tout d'une responsabilité nationale. Or, selon la ministre suédoise des Affaires européennes, Jessica Rosencrantz, faire « pression sur les États membres pour qu'ils augmentent leurs dépenses » tout en augmentant le budget de l'UE n'est « pas possible ». Selon cette dernière, « la dette est la dette, que ce soit au niveau des États membres ou au niveau européen ».

La Présidence polonaise, dont le slogan est « la sécurité de l'Europe », et qui investira dans ce secteur cette année près de 5% de son PIB, n'est pas de cet avis. « Aujourd'hui, rien n'est plus important que de se préparer à dissuader les menaces », a déclaré le ministre des Affaires européennes de la Pologne, Adam Szłapka. Il s'est notamment appuyé sur la déclaration de la Présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, à la conférence de Munich, lundi 17 février, selon laquelle les règles budgétaires européennes exempteront des dépenses dans le secteur de la défense des États membres (EUROPE 13580/6, 13582/1). Les détails viendront plus tard, mais « l'intention politique est claire », a prévenu Piotr Serafin. 

La compétitivité, qui est au centre des discussions pour le prochain CFP, s'est aussi inscrite dans la discussion de Varsovie au regard de la défense, si l'on en croit Adam Szłapka : « Pour envisager sérieusement la sécurité, nous devons disposer de moyens pour y investir ».

Là encore, les différences entre les États membres se révéleront dans les arbitrages. Pour la Finlande, selon une source, le fonds de compétitivité ne doit pas être un autre fonds de cohésion pour lequel des enveloppes seraient préaffectées à des États membres pour réaliser des projets au niveau national, mais plutôt un fonds favorisant les idées européennes les plus prometteuses. Partisane d'un « CFP maintenu à un niveau raisonnable », selon son ministre des Affaires européennes, Joakim Strand, la Finlande appelle à se « concentrer sur la compétitivité », sous le signe de la recherche, du développement et de l'innovation. Au contraire, selon ce pays, contributeur net, la cohésion ayant « progressé en Europe, il ne devrait pas y avoir une forte augmentation de ce type de dépenses ».

La création par la Commission d'un fonds de compétitivité dans le CFP post-2027 fait d'ailleurs naître des doutes chez certains États membres. Des rumeurs de baisse de dotation pour la cohésion et la politique agricole commune circulent, selon une source. Résolue, l'Estonie veut d'ores et déjà en limiter les dégâts, déclarant dans son document de position qu'il serait essentiel de maintenir « l'approche du filet de sécurité » : « la diminution du financement de la politique de cohésion pour les États membres résultant de l'augmentation de la prospérité devrait être progressive et non brutale » (EUROPE 13580/5). Pour la Slovénie, au contraire, il sera difficile d'accepter un CFP moins doté pour la cohésion et la politique agricole commune. 

« Lorsque nous parlons de croissance, nous devrions également travailler sur l'égalité », a prévenu le ministre polonais des Affaires européennes, Adam Szłapka, mardi 18 février, non sans rappeler que « depuis 1950 », l'UE s'est construite sur l'idée de convergence. (Florent Servia)

Sommaire

POLITIQUES SECTORIELLES
ACTION EXTÉRIEURE
Invasion Russe de l'Ukraine
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES
INSTITUTIONNEL
DROITS FONDAMENTAUX - SOCIÉTÉ
ÉDUCATION - JEUNESSE - CULTURE - SPORT
SOCIAL - EMPLOI
BRÈVES