Entendu mardi 18 février par la commission 'Sécurité et Défense' (SEDE) du Parlement européen, Robert de Groot, vice-président de la Banque européenne d'investissement (BEI), a dû essuyer les vives critiques des eurodéputés, qui jugent l’implication de la BEI en matière de défense encore trop timide.
Ces reproches interviennent alors que la BEI avait élargi, en mai, sa définition des biens et infrastructures à double usage éligibles à un financement (EUROPE 13407/7 et 13569/17).
Face à des mesures qu’elle a estimées comme n'étant « pas à la hauteur des enjeux », Nathalie Loiseau (Renew Europe, française) a exigé une révision des exclusions de financement de la BEI. « Qu'est-ce qu'il vous faut de plus que la guerre d'agression russe en Ukraine, le décrochage de l'industrie de la défense européenne et les signaux donnés par l'administration 'Trump' ? », a-t-elle interpellé.
« Lorsque j'entends que la BEI a d'autres priorités, je me dis que vous ne vivez pas vraiment dans notre réalité, parce qu'il n'y a rien de plus important que la sécurité en Europe », a lancé la Polonaise Marta Wcisło (PPE), rappelant que son pays consacrait 4,7% de son PIB à la défense.
Même son de cloche du côté de Petras Auštrevičius (Renew Europe, lituanien), qui a appelé Robert de Groot à « quitter Luxembourg » pour constater « la réalité du terrain » dans les pays baltes.
Angelika Niebler (PPE, allemande), quant à elle, a reproché à la BEI de répercuter sa prudence sur le secteur bancaire. « Si vous financez les capacités de défense, alors il me semble que les banques privées feront de même. Mais c'est visiblement un signal qui n'a pas été perçu », a-t-elle estimé.
Après ces attaques, Robert de Groot a tenu à clarifier le rôle de la BEI : « Nous ne sommes pas un ministère de la Défense, nous sommes une banque ». Il a souligné que la BEI avait déjà investi un milliard d'euros dans des projets de sécurité et de défense en 2024 et qu’elle visait un investissement de 2 milliards d’euros en 2025.
« 5 milliards d’euros disponibles n'ont pas encore été utilisés », a-t-il précisé, indiquant que 14 projets étaient à l’étude concernant « les drones, l’espace, la cybersécurité » ou encore « la protection des infrastructures critiques » pour les cinq prochaines années. (Justine Manaud - stagiaire)