L’eurodéputé Thomas Waitz (Verts/ALE, autrichien) a déclaré, mardi 18 février à Bruxelles, que l’existence dans le prochain cadre financer pluriannuel (CFP) de l’UE d’un budget indépendant pour la politique agricole commune (PAC) « n’était pas garantie » à l'issue de négociations budgétaires difficiles entre les pays de l'UE.
En effet, des documents non officiels circulent au sein des institutions de l’UE sur une possible fusion entre les budgets de la PAC et de la politique de cohésion. Il a estimé qu'il s'agissait d'une annonce « dangereuse », car les agriculteurs ont besoin « d'un soutien financier concret ». Le fait de fusionner ces deux postes budgétaires risque d'affecter les petites et moyennes exploitations agricoles, selon Thomas Waitz. Le risque est en effet que, sans critères précis, les pays de l'UE privilégient les grandes entreprises.
« Il n'est pas certain que ce budget de la PAC restera indépendant, et le développement rural, en particulier, est fortement remis en question », a dit l'eurodéputé. Ce sont ces programmes de développement rural (second pilier de la PAC) « qui nous aident à maintenir les chaînes de valeur proches des agriculteurs et à créer des emplois dans les zones rurales et des systèmes alimentaires résilients qui ne dépendent pas du commerce mondial », a considéré Thomas Waitz.
« Il n'est absolument pas acquis que nous reverrons cet argent », s’inquiète-t-il. Le budget de la PAC ne sera pas revu à la hausse lors du CFP 2028-2034, a-t-il pronostiqué, car les États membres « ne voudront pas payer plus pour le budget de l’UE ». D’où viendra l’argent pour financer la transition en agriculture ? - s’est-il interrogé, en rappelant aussi la résistance de plusieurs pays à l’égard de la création de nouvelles ressources propres pour le budget de l’UE.
Au sujet de la 'vision sur l'agriculture', qui sera adoptée mercredi 19 février par la Commission européenne (EUROPE 13579/5), il a estimé que ce qui était proposé sur les paiements directs n'était pas assez ambitieux. Il a prôné une répartition du soutien de base ('basic support') non pas selon les hectares, mais selon le lieu de travail ('work place'), « car c'est ce qui compte ». Les aides à l'hectare seraient réservées seulement pour encourager la fourniture de biens publics (eau, air, fertilité des sols, biodiversité, changement climatique). (Lionel Changeur)