Face à la multiplicité des enjeux contemporains, tant économiques et sociaux que géopolitiques, auxquels est confrontée l'Union européenne, la Commission a ouvert, mardi 18 février, une réflexion sur la prochaine phase de programmation des programmes Erasmus+ et 'Corps européen de solidarité' après 2027.
Lors d'une conférence organisée à Bruxelles, la Direction générale de l'éducation, de la jeunesse, du sport et de la culture (DG EAC) a ainsi réuni plusieurs parties prenantes impliquées dans ces initiatives afin d'évaluer leurs évolutions futures.
La vice-présidente exécutive de la Commission européenne chargée des Droits sociaux et des Compétences, Roxana Mînzatu, et le commissaire européen à l'Équité intergénérationnelle, à la Jeunesse, à la Culture et au Sport, Glenn Micallef, y étaient invités à partager leurs perspectives pour adapter ces programmes aux problématiques à venir.
Lors de son intervention, Roxana Mînzatu a rappelé le rôle prépondérant d'Erasmus+ dans le paysage éducatif européen, dans la construction européenne et la coopération en matière d'éducation et de formation : « Erasmus est crucial pour l'ADN de l'Europe, pour notre identité. C'est un rêve, une possibilité, mais il façonne toujours, disons, les carrières et l'avenir des jeunes, mais aussi les compétences, la coopération, les politiques que nous concevons en Europe pour améliorer l'éducation, pour intégrer la culture et le sport dans notre modèle social européen ».
Selon la vice-présidente exécutive de la Commission, la portée du programme doit toutefois s'élargir pour inclure davantage d'adultes, car cela pourrait « soutenir l'identité européenne et les compétences des adultes en Europe ».
La vice-présidente est également revenue sur la présentation de l'initiative 'Union des compétences', le 5 mars : « Nous présenterons cette vision, quatre piliers qui sont extrêmement, je pense, pertinents et pour lesquels nous avons vraiment besoin d'un Erasmus plus fort. Le premier, c'est la création de compétences de base ».
Un enjeu de simplification et de financement. Glenn Micallef, quant à lui, a partagé son expérience personnelle avec les programmes précédents, où les démarches administratives étaient lourdes, pour aborder la question de la simplification des procédures.
Il a reconnu les progrès réalisés grâce à la numérisation, mais a affirmé que des efforts supplémentaires étaient nécessaires pour rendre les programmes plus accessibles.
En ce sens, le commissaire européen a également encouragé une participation active à la consultation publique ouverte jusqu'au 7 mai pour recueillir des retours sur la manière dont le budget de l'Union européenne devrait soutenir l'éducation, la formation, la solidarité et la jeunesse (https://aeur.eu/f/fjy ).
Concernant le financement, le commissaire européen a plaidé en faveur d'un budget ambitieux pour Erasmus+ et le 'Corps européen de solidarité', alors que les discussions sur le prochain cadre financier pluriannuel (CFP) commencent (voir autre nouvelle) : « Nous allons former une équipe pour défendre et faire pression pour obtenir le budget le plus solide possible pour ces programmes auxquels les citoyens sont attachés, qu'ils considèrent comme une priorité pour eux. Nous connaissons tous les réalités auxquelles nous sommes confrontés. Le prochain budget est une discussion qui vient juste de commencer. (...) Nous voulons un budget plus simple, plus percutant et plus ciblé ». (Nithya Paquiry)