La Commission européenne a-t-elle les moyens logistiques et financiers de réellement contrôler les millions de produits entrants en Europe et issus de plateformes en ligne ? C'est, en substance, la question sous-jacente qui a animé l'échange entre la Commission européenne et les députés de la commission du marché intérieur et de la protection des consommateurs (IMCO), mardi 18 février.
Loin d'être critiques de l'action de la Commission, qui a présenté début février son plan pour lutter contre les dérives liées au commerce en ligne (EUROPE 13572/5), les élus européens ont souligné les efforts de l'institution et la multiplicité des enquêtes déjà engagées.
Mais la question du manque de rapidité dans les actions mises en œuvre et dans les réponses apportées aux cas avérés d'infraction a été plusieurs fois avancée.
« J'ai un peu le sentiment que les plateformes sont des lièvres qui vont extrêmement vite, et que nous sommes un éléphant - les choses évoluent très vite, alors que nos processus sont assez lents », a ainsi déploré Anna Cavazzini (Verts/ALE, allemande), comparant les actions entreprises au châtiment de Sisyphe.
« Entre la première demande d'information et l'ouverture d'une enquête contre Temu, il s'est passé six mois, six mois qui ont vu la plateforme atteindre 15 millions d'utilisateurs uniques dans mon pays », a renchéri la députée polonaise Kamila Gasiuk-Pihowicz (PPE).
Si la Commission admet qu'il « n'existe pas de solution miracle », elle continue de s'appuyer sur les outils déjà en place, tels que le règlement sur les services numériques pour renforcer la lutte contre les produits non conformes. (Isalia Stieffatre)