login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 13515
ACTION EXTÉRIEURE / Élargissement

L'adhésion des Balkans occidentaux toujours suspendue aux réformes internes et à un alignement complet sur la politique étrangère de l'UE

La Commission européenne a présenté, mercredi 30 octobre, son rapport sur l'élargissement, qui fournit une évaluation des progrès accomplis par les pays candidats à l'adhésion à l'UE. L'élargissement a profité d'une dynamique renouvelée depuis un an, devenant un des « objectifs principaux » de la Commission pour le prochain mandat. Les six pays des Balkans occidentaux - l'Albanie, le Monténégro, le Kosovo, la Bosnie-Herzégovine, la Serbie et la Macédoine du Nord - ont, selon les rapports de la Commission, réalisé des progrès dans leurs réformes depuis 2023, mais souffrent toujours de problèmes politiques internes qui retardent leur intégration.

Voir la communication complète : https://aeur.eu/f/e3a

Albanie. L'Albanie a ouvert le 15 octobre dernier le 'Cluster 1' des acquis de l'Union européenne, celui dit des fondamentaux, après le feu vert de l'UE (EUROPE 13504/1). La Commission espère que les autorités albanaises « continuent d'intensifier le rythme des réformes orientées vers l'UE », notamment concernant l'État de droit, en « luttant efficacement contre la corruption et la criminalité organisée » et en promouvant « la liberté des médias, les droits de propriété et celui des minorités ». 

Du côté de Tirana, on se félicite de cette avancée notable et on affiche l'ambition d'adhérer pleinement à l'UE d'ici 2030.

Voir le rapport : https://aeur.eu/f/e3b

Bosnie-Herzégovine. Depuis mars 2024, la Bosnie-Herzégovine a progressé dans l'adoption des réformes liées à l'UE et s'est « pleinement alignée sur la politique étrangère de l'Union », selon la Commission. Des résultats tangibles ont été obtenus concernant « la gestion des migrations, l'intégrité du système judiciaire, la lutte contre le crime organisé, le terrorisme, le blanchiment d'argent et les conflits d'intérêts ».

Toutefois, l'évolution de la situation dans la République serbe de Bosnie a « entravé » cette dynamique positive, notamment avec l'adoption en avril de lois sur les élections, les référendums et l'immunité, et la persistance de la rhétorique sécessionniste dans la région.

La Bosnie-Herzégovine est également le seul pays des Balkans occidentaux à ne pas avoir finalisé son agenda de réformes dans le cadre du Plan de croissance pour la région (EUROPE 13510/19).

Voir le rapport : https://aeur.eu/f/e3c

Kosovo. Si la libéralisation des visas pour le Kosovo (entrée en vigueur le 1er janvier 2024) est présentée comme une réussite, le très lent processus de normalisation des relations entre Pristina et la Serbie continue de peser lourd sur les progrès du pays. Le rapport de la Commission insiste encore sur l’importance d’appliquer les obligations de l'accord d'Ohrid passé en 2023 (EUROPE 13480/13).

Le Haut Représentant de l'Union pour les Affaires étrangères, Josep Borrell, a souligné en conférence de presse que « la normalisation et les progrès vers l'UE sont interdépendants, ils vont de pair. L'un ne sera pas possible sans l'autre ».

Voir le rapport : https://aeur.eu/f/e3e

Macédoine du nord. Dans le cas de la Macédoine du Nord, les sessions de 'contrôle' pour les six groupes de l'acquis de l'UE ont été achevées en décembre 2023. Depuis 2023, peu de changements ont eu lieu : le pays doit toujours continuer à mettre en œuvre ses réformes, notamment concernant « le système judiciaire, la lutte contre le terrorisme et la criminalité organisée ».

Voir le rapport : https://aeur.eu/f/e3f

Monténégro. Pays le plus avancé dans le processus de négociation, les progrès sont pourtant au point mort depuis le dernier rapport 'élargissement' (EUROPE 13288/2). Tous les chapitres ont été ouverts et trois ont été provisoirement clôturés. Les futures négociations d'adhésion dépendront des réformes dans le domaine de l'État de droit (chapitres 23 et 24).

Voir le rapport : https://aeur.eu/f/e3g

Serbie. Si Belgrade a ouvert 22 des 35 chapitres de négociation, dont deux sont provisoirement fermés, c'est la politique étrangère menée par le gouvernement qui pose toujours problème.

« Aucun progrès n'a été réalisé », note la Commission, car la Serbie persiste dans sa complaisance envers la Russie. Plusieurs actions et déclarations du Président serbe, Aleksandar Vučić, sont allées à l'encontre des positions de l'UE en matière de politique étrangère, notamment le refus de suivre l'UE dans l'imposition de sanctions envers le régime de Vladimir Poutine (EUROPE 13477/10).

« Nous voulons compter sur la Serbie en tant que partenaire et nous avons besoin qu'elle nous rassure sur son orientation stratégique. L'approfondissement des liens avec la Russie ou la Chine est une préoccupation majeure à la lumière du contexte géopolitique actuel », a réitéré Josep Borrell, estimant que l'adhésion de la Serbie « sera compromise » si elle échoue à s'aligner sur les valeurs et stratégies de l'Union.

Voir le rapport : https://aeur.eu/f/e3h (Isalia Stieffatre)

Sommaire

SÉCURITÉ - DÉFENSE - ESPACE
ACTION EXTÉRIEURE
POLITIQUES SECTORIELLES
AUDITION DES COMMISSAIRES DÉSIGNÉS AU PARLEMENT EUROPÉEN
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES
INSTITUTIONNEL
BRÈVES