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Bulletin Quotidien Europe N° 13515
SÉCURITÉ - DÉFENSE - ESPACE / SÉcuritÉ

L'ancien président finlandais Sauli Niinistö propose d’améliorer considérablement l’état de préparation civile et de défense de l'UE

Face à l'augmentation des attaques hybrides, l'ancien président finlandais Sauli Niinistö appelle notamment à mettre en place progressivement un service de coopération en matière de renseignement au sein de l'Union européenne, dans un rapport remis mercredi 30 octobre à la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, sur la manière de renforcer l’état de préparation civile et de défense de l'Europe.

« Nous devons nous préparer ensemble à des menaces qui nous concernent tous et qui sont trop importantes pour qu'un seul État membre puisse y faire face tout seul », a déclaré Sauli Niinistö lors d'une conférence de presse.

Parmi les exemples, il a cité le besoin d’accorder davantage d'attention à la façon dont les auteurs de menaces hybrides opèrent « afin de reconnaître leurs tactiques et de pouvoir nous prémunir contre leurs attaques ».

Il conseille la mise en place d’un réseau anti-sabotage qui rassemble l'expertise pertinente pour fournir un soutien à la demande d'un État membre « confronté à des menaces graves contre ses infrastructures critiques ».

En outre, le fait de renforcer la coopération en matière de renseignement est, à ses yeux, « crucial pour faire en sorte que l'UE se prépare aux menaces ». Le travail du contre-espionnage à l'échelle des institutions de l'UE doit être renforcé, selon lui.

Le rapport prône, sur ce sujet sensible, d'élaborer, « en collaboration avec les États membres, une proposition sur les modalités d'un service de coopération en matière de renseignement à part entière au niveau de l'UE, qui puisse répondre aux besoins stratégiques et opérationnels de la prise de décision en matière de planification des politiques sans reproduire les tâches des organisations nationales de renseignement des États membres, y compris en ce qui concerne leur rôle en matière de collecte de renseignements ».

Guerre avec la Russie. La nouvelle planification de la préparation doit tenir compte des menaces d'agressions armées de la part de la Russie. « Poutine a indiqué clairement, il y a déjà 10 ans, qu'il considérait les Occidentaux comme des faibles. Nous devons faire en sorte qu'il change de perception », a souligné l’ancien président finlandais.

Il conseille de définir clairement, dans le cadre de la coopération UE-OTAN, comment « travailler ensemble » pour venir en aide à l'État membre attaqué en utilisant tous les moyens que l'Union européenne a à sa disposition.

Industrie. « Nous devons accélérer nos efforts de renforcement de la base industrielle de défense de l'UE », a plaidé aussi l’auteur du rapport, qui estime qu'il convient d’intensifier la capacité stratégique en Europe et d'augmenter la capacité de production d'équipements pour le champ de bataille. « C'est nécessaire pour notre capacité d'aider l'Ukraine aussi longtemps qu'il le faudra et pour améliorer notre capacité de dissuasion », a précisé l’ancien président.

« La préparation a un coût, mais il est moindre que celui que nous aurions à assumer si nous étions confrontés à une crise majeure. Il convient d’utiliser les ressources de l'UE, c'est une tâche qui devra attendre le prochain cadre financier pluriannuel », a complété Sauli Niinistö.

Le rapport suggère d'utiliser le prochain 'Livre blanc sur l'avenir de la défense européenne' pour « définir une politique à long terme ambitieuse, en vue de prendre des mesures concrètes », comme identifier et cartographier les besoins urgents des États membres en matière de défense ou encore réviser l'objectif global politico-militaire de l'UE (EU politico-military Headline Goal) afin de tenir compte des agressions extérieures à grande échelle.

Budget. Le rapport suggère que tous les instruments pertinents dans tous les secteurs affectent un certain montant aux actions de préparation dans leurs domaines respectifs, de sorte que, par exemple, « au moins 20% du budget total de l'UE contribue à la préparation de l'UE en matière de sécurité et de crise ».

Devant la presse, Ursula von der Leyen a estimé que l’UE devait changer son état d'esprit. « La préparation doit faire partie de la logique sous-jacente de toutes nos actions et porter sur l'ensemble des menaces et des risques », a-t-elle soutenu. Elle a rappelé que « la guerre de Poutine contre l'Ukraine est la plus grande menace pour notre sécurité. Cette année, les dépenses de défense de la Russie sont en passe de dépasser les montants collectifs de tous les États membres de l'UE réunis. Nous devons donc redoubler d'efforts », a-t-elle insisté.

Le 20 mars dernier, Mme von der Leyen et le Haut Représentant de l'UE, Josep Borrell, ont demandé à M. Niinistö de rédiger ce rapport sur l’état de préparation civile et de défense de l'Europe (EUROPE 13377/4).

Lien vers le rapport : https://aeur.eu/f/e2w (Lionel Changeur)

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