À l’approche de la COP29, qui se déroulera du 11 au 22 novembre à Bakou (Azerbaïdjan), l’ancienne ministre suédoise de la Coopération internationale, de l’Environnement et du Climat et eurodéputée des Verts/ALE, Isabella Lövin, a appelé à un engagement fort de l’Union européenne pour le financement climatique.
Lors d’un point de presse tenu mercredi 30 octobre aux côtés de l’eurodéputé Michael Bloss, membre de la délégation du Parlement européen à la COP29, Mme Lövin a exprimé, à moins d’une semaine de l’élection présidentielle américaine, ses inquiétudes quant aux potentielles répercussions d’un second mandat de Donald Trump, qui pourrait affaiblir l’engagement américain pour le climat.
« Je connais l'importance du leadership de l’UE quand les États-Unis ne prennent pas cette position», a affirmé Mme Lövin. L’ancienne ministre, qui a exercé durant le mandat de l’ex-président républicain responsable du retrait des États-Unis de l'Accord de Paris en 2017 (réintégré depuis), a plaidé pour que l’UE devienne un « partenaire fiable et crédible » pour les pays en développement en vue de la prochaine échéance de financement en 2025.
La rencontre à Bakou doit aboutir à un accord sur un objectif collectif quantifié de financement de la lutte contre le changement climatique post-2025 afin d’aider les pays vulnérables à atténuer les impacts climatiques et à s’adapter. En effet, l’accord de Copenhague issu de la COP15 de 2009 (EUROPE 10044/10) avait fixé un montant de 100 milliards de dollars par an à partir de 2020, mais l'engagement n'a pas été tenu dans les temps.
Mme Lövin estime que l’Union européenne doit prendre les devants en augmentant ses contributions et en adoptant des mécanismes de transparence stricte afin d’éviter que les pays en développement tombent dans le piège de la dette.
De son côté, Michael Bloss a critiqué la tenue du sommet dans un pays fortement producteur d’énergies fossiles et dénoncé sa décision récente d’augmenter sa production de gaz de 12 milliards de m³ par an au cours de la prochaine décennie, un plan contraire aux objectifs de réduction des énergies fossiles établis lors de la COP28 (EUROPE 13314/18).
Il a pointé du doigt le rôle de l’Azerbaïdjan dans la réexportation de gaz russe vers l’Europe, qui contribuerait indirectement au financement de la guerre en Ukraine.
L'eurodéputé estime que l’UE doit s'assurer que la COP29 facilite des avancées concrètes vers une transition mondiale axée sur les énergies renouvelables. (Nithya Paquiry)