Au lendemain de la clôture de la 28e Conférence des Nations unies sur les changements climatiques (COP28) (EUROPE 13313/16), les eurodéputés ont écouté à Strasbourg, jeudi 14 décembre, les déclarations de la commissaire à l’Égalité, Helena Dalli, et du secrétaire d’État espagnol aux Affaires européennes, Pascual Navarro, sur les conclusions du sommet.
S’ils se sont tous deux félicités des avancées établies par l’accord final - M. Navarro allant jusqu’à le qualifier de « pas historique » -, c’est avant tout le leadership européen qui a été salué. « L'Europe a montré son unité, sa capacité à nouer des alliances (...) tout au long du processus », a ainsi déclaré le représentant de la Présidence espagnole du Conseil.
« Les éléments importants dans l'accord défendu par l'Union européenne ont été pris en compte dans l'inventaire mondial », a rappelé de son côté Mme Dalli.
Même son de cloche du côté de l’eurodéputée María Spyráki (PPE, grecque), pour qui il s’agit d’un accord « Made in Europe ». « L'Union européenne est au premier plan dans la lutte contre le changement climatique et nous remplissons tous les engagements que nous avons pris à la COP », a-t-elle souligné, avant de mettre les engagements pris à Dubaï en perspective avec les objectifs fixés par les eurodéputés dans leur résolution adoptée le 21 novembre dernier (EUROPE 13297/5). « Je vous rappelle que (...) nous avons soutenu non seulement le fait de multiplier par trois les renouvelables, de multiplier par deux l'efficacité énergétique, mais également l'élimination progressive des énergies fossiles au plus vite ».
De son côté, le vice-président de la délégation parlementaire à la COP28, Mohammed Chahim (S&D, néerlandais), qui a également remercié les négociateurs de l’Union européenne, la ministre espagnole de la Transition écologique, Teresa Ribera, comme le commissaire européen à l’Action pour le climat, Wopke Hoekstra, a toutefois mis en garde : « On a fini par inscrire noir sur blanc cette transition hors des énergies fossiles. Les jeunes s'en souviendront et ils nous rappellent que nous ne pouvons pas reporter davantage nos efforts ».
Et de poursuivre : « Je crois que, pendant ce sommet, au-delà de tous les lobbyistes du secteur énergétique, il aurait fallu inviter des jeunes ». Et pour cause, la COP28 a vu un nombre record de lobbyistes du secteur pétrolier. Jusqu'à 2 400 représentants d'intérêts issus de ce secteur étaient présents, selon la coalition d’ONG CAN Europe (EUROPE 13313/16).
L’eurodéputée Jutta Paulus (Verts/ALE, allemande), qui a reconnu « que l'équipe Europe a(vait) œuvré jusqu'au bout », a également appelé à des efforts concrets. « Nous devons faire notre part, c'est-à-dire mettre en œuvre complètement le ‘Pacte vert’, toutes les directives qui ont été adoptées. Nous, en tant que Parlement, nous devons rappeler à nos États membres, rappeler à la Commission, qu'il est important d'agir », a-t-elle ainsi martelé au sein de l'hémicycle strasbourgeois. (Nithya Paquiry)