« Cela donne un puissant élan à la transition vers l’abandon des combustibles fossiles », s'est réjouie la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, à l’issue de la 28e Conférence des Parties pour le climat, qui s’est achevée mercredi 13 décembre à Dubaï.
« Le début d'une phase de retrait ». La version finale de l'accord, réponse au premier Bilan mondial (de la mise en œuvre de l'Accord de Paris de 2015), convient d'accélérer la transition vers l'abandon des combustibles fossiles au cours de cette décennie. Ainsi, les parties « appellent » à « une transition hors des énergies fossiles dans les systèmes énergétiques, d’une manière juste, organisée et équitable, en accélérant l’action climatique dans cette décennie critique, de manière à atteindre la neutralité d’ici à 2050 ». Pour le commissaire européen à l'Action pour le climat, Wopke Hoekstra, qui s'est exprimé sur X (anciennement Twitter), « c'est le début d'une nouvelle phase. C'est le début d'une phase de retrait ».
Toutefois, si cette mention aux énergies fossiles est une première, il n'y a pas de calendrier de sortie précis et contraignant pour l'élimination progressive du pétrole, du charbon et du gaz, ainsi que l'a notamment dénoncé Jutta Paulus (Vert/ALE, allemande), membre de la délégation du Parlement européen à la COP28.
La formulation de l'accord final est donc moins ambitieuse que celle proposée par l'UE (EUROPE 13273/5), qui plaidait pour une sortie juste et coordonnée des énergies fossiles. Des inquiétudes concernant la limitation de l'appel à abandonner les combustibles fossiles au seul secteur de l'énergie, sans aborder les questions des plastiques et des engrais, se sont ainsi manifestées, comme l’a relevé l’Agence France Presse (AFP).
Une édition paradoxale. Et pour cause, les négociations ont été marquées par des oppositions, notamment de la part de plusieurs pays du Golfe exportateurs de pétrole, contre l'inscription d'une sortie des énergies fossiles. Par ailleurs, l'influence des lobbies des combustibles fossiles a été notable.
Le Sommet de la COP28 a ainsi présenté un paradoxe : d'un côté, il a placé la question de la sortie des énergies fossiles au premier plan des discussions internationales et, de l'autre, il a été marqué par la présence de 2 400 représentants d'intérêt issus de ce secteur, comme l'a dénombré la coalition d’ONG CAN Europe, qui relève une augmentation de près de 400% par rapport à l'année précédente.
Un engagement vers le triplement des renouvelables. Néanmoins, pour le président de la délégation des eurodéputés, Peter Liese (PPE, allemand), si le texte adopté ne mentionne pas l'expression « élimination progressive » (phase-out), il s'agit bien d'une « élimination progressive » des combustibles fossiles. « Je m'attends à ce que les stocks d'énergies renouvelables, d'efficacité énergétique et d'énergie nucléaire augmentent », a-t-il déclaré.
Bas Eickhout (Verts/ALE, néérlandais) a considéré ce sommet comme une avancée décisive pour la nécessité d'investir dans les énergies renouvelables.
En effet, les parties ont décidé de tripler la capacité mondiale en énergies renouvelables et de doubler le taux d'amélioration de l'efficacité énergétique d'ici 2030, comme cela a été défendu par l'UE (EUROPE 13273/5). Un accent particulier a été mis sur la réduction des émissions de méthane et des gaz autres que le CO2, ainsi que sur l'élimination progressive des subventions inefficaces aux combustibles fossiles.
Toutefois, il a été reconnu que le monde n'est pas sur la bonne voie pour limiter la hausse de température à 1,5°C. Pour remédier à cela, les États se sont accordés pour aligner leurs objectifs nationaux sur l'Accord de Paris. C'était là « un point essentiel », pour l'eurodéputée Hélène Fritzon (S&D, suédoise). Les contributions déterminées au niveau national pour 2035 doivent être soumises avant la COP30, en accord avec les données scientifiques les plus récentes.
Enfin, l'UE a joué un rôle prépondérant dans la création, au premier jour des négociations, d'un nouveau fonds pour répondre à l'adaptation au changement climatique et la résilience des pays en développement, promettant plus de 400 millions d'euros (EUROPE 13305/2).
L'accord final : https://aeur.eu/f/a4g (Nithya Paquiry)