La COP28 a officiellement entamé ses travaux à Dubaï (Émirats arabes unis), vendredi 1er décembre, inaugurant deux journées majeures de réunions politiques. Ces sessions, au cours desquelles les chefs d'État ou de gouvernement - dont la Présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, le vice-président exécutif chargé du 'Pacte vert européen', Maroš Šefčovič, et le président du Conseil européen, Charles Michel - tendent à promouvoir l’orientation de futurs accords significatifs. Elles ont débuté par le Sommet mondial action climat.
Fonds pour les pertes et dommages acté. Le président de la COP28, le Sultan al-Jaber, s’y est félicité de l'accord sur la création d'un fonds pour les pertes et dommages, établi la veille. Ce fonds, conçu pour aider les pays les plus pauvres affectés par le changement climatique, sera géré temporairement par la Banque mondiale. Des engagements financiers substantiels ont été annoncés. L’Union européenne a promis 220 millions d'euros. Selon l’Agence France-Presse, les Émirats arabes unis verseront 100 millions de dollars, le Japon 10 millions, les États-Unis 17,5 millions, et le Royaume-Uni jusqu'à 40 millions de livres (environ 50 millions de dollars).
De leur côté, Ursula von der Leyen et Charles Michel ont insisté sur l'engagement de l'UE et la nécessité de réformer le système international, notamment par un marché d'obligations 'vertes' et un prix du carbone. M. Michel a souligné que l'UE honorait son engagement à atteindre l'objectif de 100 milliards de dollars fixé par l'accord de Paris. Une enveloppe de 23 milliards d'euros a ainsi été engagés cette année par l'UE.
Prix du carbone comme outil incitant à la décarbonation. La présidente de la Commission européenne a en outre lancé, au pavillon de l'UE, un événement visant à promouvoir des marchés du carbone alignés sur l'accord de Paris avec le soutien du FMI, de la Banque mondiale et de l'OMC.
Elle a insisté sur la nécessité de réduire les émissions mondiales pour limiter le réchauffement climatique sous 1,5 degré, mettant en avant le prix du carbone comme un outil de marché incitant à l'innovation et à la décarbonation. « Mettez un prix sur le carbone. C'est un instrument piloté par le marché. Le message est clair : vous polluez ? - Vous devez payer un prix. Vous voulez éviter le paiement ? – Innovez et décarbonez », a-t-elle argumenté.
Mme von der Leyen a souligné les succès de l'UE, avec une réduction des émissions de 40% depuis l'introduction du prix du carbone, générant d'importantes recettes pour l'action climatique. Elle a appelé en outre à des marchés du carbone ambitieux, couvrant davantage d'émissions et intégrant des normes communes pour les crédits carbone, y compris ceux liés à la biodiversité.
En conclusion, elle a déclaré : « La COP28 est un moment essentiel pour progresser vers ces trois objectifs. Notre but est d'établir un cadre pour la coopération internationale et de fixer une référence solide pour les marchés de crédits carbone ».
Partenariat EU-Catalyst. Lors de cette première journée, Mme von der Leyen, le fondateur de Breakthrough Energy, Bill Gates, et le président de la Banque européenne d'investissement, Werner Hoyer, ont dévoilé les deux premiers bénéficiaires du partenariat EU-Catalyst, lancé en 2021 lors de la COP26 à Glasgow, visant notamment à développer des projets de technologies propres à grande échelle basés en Europe.
Les projets FlagshipONE d'Ørsted, en Suède, une installation révolutionnaire de production d'e-méthanol, et Ottana CO2 Battery d'Energy Dome, en Sardaigne, qui utilise une technologie de stockage d'énergie de longue durée, seront soutenus, dans ce cadre, à hauteur de 240 millions d'euros de subventions et d'investissements.
« Il ne s'agit que d'un début, d'autres projets arrivent de tous les coins de l'Union et nous serons, bien sûr, très heureux de les soutenir avec au moins 840 millions d'euros, dont 420 millions provenant du budget de l'UE (via Horizon Europe et le Fonds pour l’Innovation) », a déclaré le vice-président exécutif de la Commission, Maroš Šefčovič.
Soutien de l’UE au plan du Vietnam pour sa transition verte. La journée a également été marquée par un soutien bilatéral au Vietnam dans le cadre du Partenariat pour une transition juste (‘Just Transition Partnership’). La Présidente de la Commission a ainsi assisté au lancement du plan de mobilisation de ressources (‘ressource mobilisation plan’) du Vietnam, présenté par le Premier ministre vietnamien, Phạm Minh Chính.
Elle a ainsi exprimé son soutien à la transition verte du pays en présence également de Claire Coutinho, secrétaire d’État pour la Sécurité énergétique du Royaume-Uni.
« Le partenariat avec le Vietnam est un bon exemple de tout ce que nous voulons réaliser ici à la COP28. Nous voulons réduire les émissions tout en stimulant la croissance économique », a déclaré Mme von der Leyen, ajoutant qu’au moins 15,5 milliards d’euros de financement public et privé seraient délivrés dans les 3 à 5 prochaines années.
Le 2 décembre, la présidente von der Leyen lancera, avec la Présidence de la COP28, l'engagement mondial en faveur des énergies renouvelables et de l'efficacité énergétique, visant à tripler la capacité d'énergies renouvelables et à doubler les mesures d'efficacité énergétique d'ici 2030. Elle prendra également la parole au sommet des superpolluants et participera à l'événement de l'initiative Coal Transition Accelerator (CTA), ainsi qu'à la table ronde sur le bilan mondial et les moyens de sa mise en œuvre. (Pauline Denys et Nithya Paquiry)