En visite au Kosovo vendredi 6 septembre, le représentant spécial de l'Union européenne pour le dialogue Pristina-Belgrade, Miroslav Lajčák, a déclaré que la lettre envoyée en décembre dernier par la Serbie sur ses « lignes rouges » pour la mise en œuvre des accords d'Ohrid de 2023 avait été retirée.
Cette lettre, signée à l'origine par Ana Brnabić, ancienne Première ministre serbe, soulignait que la mise en œuvre des accords n'était « acceptable que dans un contexte qui n'est pas lié à la reconnaissance de jure et de facto du Kosovo ».
« La République de Serbie souligne que cette détermination à mettre en œuvre l'accord ne s'étend pas à la reconnaissance de l'appartenance du Kosovo à l'ONU (...) ni à la soi-disant intégrité territoriale du Kosovo ». Ce sont là des déclarations en opposition avec les spécificités de l'accord et les ambitions du dialogue Pristina-Belgrade (EUROPE 13441/13).
Pressée de clarifier cette déclaration, la Commission européenne a affirmé, mardi 10 septembre, n'avoir « rien de plus à ajouter ou à retirer », en rappelant que les objectifs du dialogue Pristina-Belgrade étaient encore loin d'être atteints alors que les deux parties s'étaient engagées à coopérer.
À ce stade, Belgrade n'a pas commenté la déclaration du représentant de l'UE. Le retrait de cette lettre et de ses lignes rouges pourrait annoncer une avancée dans les relations diplomatiques instables entre les deux pays (EUROPE 13473/10). (Isalia Stieffatre)