Les ministres des Finances des pays de la zone euro feront le point, vendredi 13 septembre à Budapest, sur l'évolution de la situation macroéconomique depuis leur dernière réunion de juillet.
Les ministres ne devraient pas être au complet lors de cette réunion, certes convoquée par le président de l'Eurogroupe, Paschal Donohoe, mais qui se tiendra avant la réunion informelle des grands argentiers européens. Or, les États membres rechignent à donner trop de visibilité à cette deuxième réunion, programmée vendredi 13 et samedi 14 septembre, en réaction à l'action controversée de la Présidence hongroise du Conseil de l'UE, hôte de cette réunion, dans le cadre de la 'mission pour la paix' entreprise à Moscou par le Premier ministre hongrois, Viktor Orbán.
Faisant état de « spéculations » antérieures selon lesquelles l'Eurogroupe ne se tiendrait pas à Budapest, à l'instar de la réunion informelle des ministres des Affaires étrangères, qui avait été rapatriée à Bruxelles, une source européenne a indiqué que le nombre de ministres présents à l'Eurogroupe serait « supérieur à une poignée ».
Les commissaires européens Paolo Gentiloni et Valdis Dombrovskis ne seront pas présents à Budapest.
Sur la situation macroéconomique, cette source a estimé que les dernières données disponibles confirment les prévisions élaborées avant la pause estivale, avec une économie toujours « en demi-teinte », même si un rebond est toujours attendu dans les mois à venir. L'inflation continue de refluer et le marché de l'emploi, malgré un « refroidissement », demeure « robuste », a-t-elle noté.
La Banque centrale européenne expliquera aux ministres les décisions de politique monétaire qu'elle aura prises la veille, parmi lesquelles peut-être une nouvelle baisse de ses taux directeurs après celle de juin (EUROPE 13425/1).
Dans ce contexte, le représentant de la Commission exposera aux participants les discussions en cours avec les pays de la zone euro sur la mise en place du Pacte de stabilité et de croissance révisé, notamment l'articulation entre les projets de budget 2025 et les plans budgétaires pluriannuels que les États membres doivent présenter d'ici à fin septembre.
D'après cette source européenne, les règles prévoient « une marge » dans la transmission des documents, qui n'est toutefois pas « pas illimitée ». Peuvent l'actionner les pays qui, comme la France (EUROPE 13478/18) et la Belgique, n'ont pas de gouvernement en place.
Le ministre italien, Giancarlo Giorgetti, informera les ministres des travaux en cours concernant les prêts qu'octroieront, à partir de 2025, les pays du G7 à l'Ukraine en les gageant sur les profits futurs (3 à 4 milliards d'euros par an) que généreront les avoirs de la Banque de Russie immobilisés sur leur territoire (EUROPE 13460/13). Le principal point d'achoppement concerne toujours la sécurité juridique de cette initiative, dont l'ampleur dépendra de la durée des sanctions visant la Russie.
Cette source européenne a loué les efforts de la Commission européenne et du Service européen pour l'action extérieure, qui ont pratiquement finalisé leur proposition au niveau technique. Mais des « aspects politiques » doivent encore être tranchés, a-t-elle reconnu, admettant le lien entre ce dossier et le déblocage d'une tranche d'aide financière du FMI à l'Ukraine. (Mathieu Bion)