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Bulletin Quotidien Europe N° 13480
POLITIQUES SECTORIELLES / CompÉtitivitÉ

La neutralité technologique promue par Mario Draghi fait l'objet de critiques

Dans son rapport sur la compétitivité publié lundi 9 septembre (EUROPE 13478/1), Mario Draghi insiste sur l’importance de la décarbonation de l’UE comme objectif, mais également comme argument compétitif. L’UE doit ajuster ses politiques, si elle veut exploiter tout le potentiel économique de la transition et être en mesure de redistribuer au maximum les bénéfices aux citoyens, selon lui.

La baisse des prix de l’énergie est donc la priorité absolue. En plus d’un découplage des prix du gaz de ceux des énergies renouvelables, M. Draghi suggère une approche technologiquement neutre pour exploiter tous les moyens à disposition afin de faire baisser les émissions : énergies renouvelables, mais aussi nucléaire, bioénergies, hydrogène ou encore captage et stockage du carbone.

Le déploiement de ces différentes technologies devra se faire grâce à des financements massifs publics et privés, selon lui. Il insiste toutefois sur le fait que cela va de pair avec la rationalisation des procédures de permis pour les installations : « Augmenter les sources de financements pour le déploiement des énergies propres n’apportera pas les résultats désirés sans augmenter la vitesse [de délivrance] des permis pour l’installation », écrit-il dans son rapport.

L'approche pragmatique et holistique de Mario Draghi a été saluée par la plupart des groupes politiques. Certains s'inquiètent toutefois de la promotion de la neutralité technologique.

« Les mini-centrales nucléaires pour réduire les coûts énergétiques ou les carburants de synthèse pour l'industrie automobile sont déconnectés de la réalité et n'apportent rien », a dénoncé l'eurodéputé Michael Bloss (Verts/ALE, allemand) après la publication du rapport Draghi.

Le Bureau européen de l’environnement (BEE) partage cet avis. Si l’ONG salue l’accent mis dans le rapport sur la décarbonation, elle déplore son approche technologiquement neutre. D'après le BEE, le nucléaire et le captage et le stockage de carbone (CSC) sont « parmi les technologies les moins efficaces pour atténuer le changement climatique ».

La crainte d'une déréglementation. Plus largement, l’Europe doit mettre « les personnes et la planète au cœur de sa stratégie industrielle », selon le BEE, qui insiste sur le fait que « la compétitivité n'est pas la finalité, c'est la protection de la planète et de ses habitants qui l'est ».

Or, le Réseau Action Climat Europe (CAN Europe) estime que le programme de simplification prôné par Mario Draghi risque de devenir, « dans certains cas », synonyme d’une « déréglementation », en accordant des « exemptions temporaires à la législation environnementale ».

Les deux ONG insistent sur la nécessité de ne pas remettre en question l’application du principe 'pollueur-payeur', quand le rapport envisage une extension de l’allocation de quotas gratuits d’émissions dans le cadre du système d'échanges de quotas d'émissions (ETS).

Pas dénué de bonnes intentions, le rapport « manque d’audace », pointe CAN Europe. S’il est positif de mettre l’accent sur le recyclage, encore faudrait-il discuter « des objectifs de réduction des ressources pour s’inscrire dans les limites planétaires », estime l’ONG. (Léa Marchal et Florent Servia)

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