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Bulletin Quotidien Europe N° 13425
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES / Bce

Le Conseil des gouverneurs baisse ses taux de 25 points de base, sur fond de pressions inflationnistes persistantes en zone euro

Le Conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne (BCE) a décidé, lors de sa réunion de politique monétaire à Francfort, jeudi 6 juin, d’une première baisse de 25 points de base de ses trois taux directeurs depuis 2019. Cette baisse intervient après une série de dix hausses consécutives en réponse aux fortes pressions inflationnistes observées notamment en zone euro, suivie d’une période de pause, où les taux directeurs de la BCE ont été maintenus à ce niveau élevé.

À partir du 12 juin, le taux d’intérêt des opérations principales de refinancement s’établira à 4,25%, le taux de la facilité de prêt marginal à 4,50%, et celui de la facilité de dépôt à 3,75%.

La décision a été prise d’un commun accord entre membres du Conseil des gouverneurs, à l’exception de l’un d'eux, a précisé la présidente de la BCE, Christine Lagarde, ajoutant que la décision de baisser les taux avait été prise puisque la confiance dans la voie à suivre s'était accrue au cours des derniers mois. 

« Nous sommes actuellement 'restrictifs', comme l'a indiqué notre économiste en chef, Philip Lane. Ce que nous faisons ici, c'est supprimer un certain degré de restriction », a déclaré Mme Lagarde.

Par ailleurs, le Conseil des gouverneurs a décidé que les avoirs en titres de l'Eurosystème dans le cadre du programme 'PEPP' d’achats d’actifs initié durant la pandémie de Covid-19 seront réduits de 7,5 milliards d'euros par mois en moyenne au second semestre 2024. La BCE a précisé que les modalités de cette réduction seront globalement conformes à celles suivies dans le cadre du programme d'achat d'actifs (APP).

Des pressions inflationnistes persistantes

Les prévisions d’inflation des équipes de l’Eurosystème pour la zone euro ont été revues à la hausse, tant pour l’inflation globale que pour l'inflation sous-jacente.

La BCE a indiqué que l’inflation d’origine interne persiste en zone euro, notamment en raison des hausses des salaires.

Selon les projections révisées des équipes de l’Eurosystème, l’inflation globale IHPC devrait s’établir en moyenne à 2,5% en 2024, à 2,2% en 2025 et à 1,9% en 2026. Elle se maintiendrait donc à un niveau supérieur à l’objectif de 2% durant une grande partie de 2025.

Les équipes de l’Eurosystème, dans leur estimation de l’inflation sous-jacente (hausse des prix hors énergie et produits alimentaires), entrevoient à présent une hausse moyenne de 2,8% en 2024, de 2,2% en 2025 et de 2,0% en 2026.

Sur la croissance économique, ils entrevoient un rebond avec une hausse du produit intérieur brut (PIB) réel de 0,9% en 2024, de 1,4% en 2025 et de 1,6% en 2026.

Des décisions dépendantes des données

La baisse de 25 points de base était attendue par les observateurs (EUROPE 13415/18, 13389/4).

Cependant, l’un des enjeux du jour, également au sein du Conseil des gouverneurs, a consisté, à défaut d’orientation future de sa politique monétaire en matière de taux ('forward guidance'), à percevoir des indications relatives aux prochaines décisions de la BCE en faveur d’une pause ou de nouvelles baisses.

Christine Lagarde a réitéré de manière ferme que le Conseil des gouverneurs ne s’engageait pas à l’avance sur une trajectoire de taux particulière et restait fidèle à son approche, désormais instaurée, visant à prendre des décisions, « réunion par réunion » et sur la base de données actualisées, analysées sous le prisme des trois critères guidant sa fonction de réaction (EUROPE 13280/8).

L'ancienne patronne du FMI a reconnu que la publication des données pouvait ne pas être synchronisée avec les décisions, mais elle a souligné que l’Eurosystème collectait autant de données que possible.

Ainsi, des données concernant les salaires, déterminantes en raison de leur impact sur l'inflation, en l’occurrence, les données de compensation par employé pour le premier trimestre 2024, ne parviendront que le 7 juin.

L’Eurosystème a d’ailleurs affiné son outil de suivi des salaires ('wage trackers') afin d'éclairer les prévisions. « L'indicateur de suivi des salaires nous dit que le stock d'accords et les divers accords enregistrés par l'indicateur de suivi des salaires sont toujours élevés. Il s'agit du stock. Lorsque nous examinons le flux, ce qui est maintenant le cas, nous constatons un déclin de la croissance des salaires », a précisé Mme Lagarde.

Par ailleurs, la présidente de la BCE a souligné sa confiance dans la robustesse des projections macroéconomiques et insisté sur l’importance de la manière dont les équipes de l’Eurosystème collectaient les données et les analysaient.

« Nous connaissons donc la destination, nous connaissons la direction que nous prenons, nous connaissons la méthodologie que nous appliquerons. Ce qui est très incertain, c'est la vitesse à laquelle nous voyageons et le temps que cela prendra », a ajouté Christine Lagarde, en précisant que cela dépendait des données et que, par ailleurs il pourrait y avoir des obstacles sur la route, prévisibles ou non.

Lien vers les décisions de politique monétaire : https://aeur.eu/f/ck8

Lien vers les prévisions macroéconomiques : https://aeur.eu/f/ckc (Émilie Vanderhulst)

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