Dans un nouveau rapport consacré aux investissements dans les énergies propres, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) a souligné, jeudi 6 juin, que l’Union européenne est l'une des régions les plus avancées dans le monde en matière de déploiement d’énergies propres.
En réaction à l’invasion de l’Ukraine par la Russie et à la réduction des livraisons de gaz qui s’en est suivie, l’UE a cherché à réduire considérablement sa dépendance vis-à-vis des combustibles fossiles importés.
« En Europe, ces deux dernières années, le développement des réseaux et des énergies renouvelables s’est accéléré, principalement pour des raisons de sécurité, l'énergie verte étant synonyme d'énergie sûre », a expliqué Fatih Birol, directeur exécutif de l’Agence internationale de l’énergie, devant la presse.
De plus, l’UE s’est fixé l’objectif de réduction de 55% des émissions nettes de gaz à effet de serre d’ici 2030 et de neutralité climatique en 2050. Elle a également adopté la législation pour une industrie 'zéro émission nette' en juin 2024 (EUROPE 13417/31) afin de soutenir la fabrication de technologies propres. Ceci témoigne d’un fort élément de politique industrielle, « car les grandes économies se disputent l'avantage dans les nouvelles chaînes d'approvisionnement en énergie propre », souligne Fatih Birol.
L’UE se distingue désormais comme l’une des régions ayant les ratios d’investissement les plus élevés dans les énergies propres par rapport aux combustibles fossiles, puisque pour chaque dollar investi dans ces combustibles, l’UE dépense plus de 10 dollars (USD) dans les énergies propres.
En 2023, les investissements dans la production d’énergie renouvelable se sont élevés à près de 110 milliards de dollars, soit une augmentation de plus de 6% par rapport à l'année précédente.
Les investissements dans les réseaux électriques, quant à eux, ont augmenté de plus de 20%, atteignant presque 65 milliards de dollars, ce qui constitue une évolution positive, selon l’AIE, notamment pour faciliter les flux d'électricité vers les marchés d'Europe centrale.
Dans le même temps, les investissements dans le pétrole et le gaz ont également augmenté pour atteindre plus de 30 milliards de dollars en 2023, avec notamment des investissements de près de 7 milliards dans le gaz naturel liquéfié (GNL) pour éliminer progressivement les importations de gaz russe.
À l’échelle mondiale, l’AIE évalue que les dépenses dans les technologies et infrastructures d'énergie propre devraient presque doubler en 2024 par rapport à celles dans les combustibles fossiles et atteindre 2 000 milliards de dollars.
Pour voir le rapport de l'AIE : https://aeur.eu/f/cka (Pauline Denys)