Le Conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne (BCE), réuni de manière symbolique à Athènes à l’invitation de la Banque de Grèce, a décidé de manière unanime, jeudi 26 octobre, de maintenir ses trois taux directeurs aux niveaux fixés lors de sa précédente réunion du 14 septembre (EUROPE 13250/1).
Le taux d’intérêt de la facilité de dépôt reste donc à 4,00%, le taux des opérations principales de refinancement à 4,5% et le taux de la facilité de prêt marginal se maintient à 4,75%.
Le Conseil des gouverneurs a estimé que les taux d’intérêt directeurs de la BCE se situent à des niveaux qui, maintenus pendant une durée suffisamment longue, contribueront à ramener l’inflation au plus vite à l’objectif des 2% à moyen terme.
Pour la présidente de l'institut monétaire, Christine Lagarde, la transmission de la politique monétaire restrictive aux conditions de financement s’effectue de manière vigoureuse. « Parfois, l’absence d’action est une action », a-t-elle signalé, en précisant que le statu quo sur les taux ne signifie qu’il n’y aura pas de hausse ultérieure. Elle a indiqué qu'une réduction des taux n’avait pas été examinée et qu’un tel débat était prématuré.
Le programme d’achats d’urgence face à la pandémie de Covid-19 (PEPP) et la rémunération des réserves n’ont pas été abordés lors de cette réunion.
Inflation
Pour l'Eurosystème, l’inflation est toujours trop forte et devrait se maintenir à des niveaux trop élevés pendant trop longtemps (voir les projections de septembre - EUROPE 13250/1). Néanmoins, l’inflation a reculé depuis septembre.
Christine Lagarde a indiqué que l’activité économique était faible et devrait le rester jusqu’à la fin de cette année. Jusqu’ici, le marché de l’emploi, très vigoureux, a soutenu l’économie, mais commence à montrer des signes de faiblesse.
La présidente de la BCE a indiqué qu’avec le ralentissement de l’inflation, le redressement du revenu réel des ménages et la reprise de la demande en exportations à la zone euro, la croissance devrait se renforcer au cours des prochaines années.
Elle a rappelé les risques pesant sur l’économie, particulièrement ceux liés à l’agression militaire russe contre l’Ukraine et le conflit déclenché par les attaques terroristes en Israël.
Grèce
Hôte de la réunion, le gouverneur de la Banque de Grèce, Yannis Stournaras, a souligné notamment que les suites de la crise de la dette grecque avaient rendu les Grecs mieux préparés à affronter les difficultés. Il n'a pas caché qu’il restait à la Grèce du chemin à parcourir, notamment pour récupérer une notation financière A+.
Christine Lagarde a loué les importantes capacités de redressement de la Grèce. Pour preuve, les instruments de dette grecs sont désormais pleinement éligibles au programme PEPP d’achats d’actifs opérant actuellement.
Autres points
Le vice-président de la BCE, Luis de Guindos, et Mme Lagarde ont évoqué la hausse des taux obligataires, précisant qu’il s'agit d'un phénomène importé en zone euro, mais que cela affectait les taux en zone euro.
L'un des risques identifiés est que l'augmentation des rendements puisse donner lieu à une correction importante. L'Eurosystème surveille donc cette tendance.
Enfin, répondant à une question sur les pertes de certaines banques centrales, notamment la Banque de Suède, la présidente a fait valoir les disparités entre banques centrales nationales. La mission de la BCE n’est pas d’afficher des bénéfices ni de couvrir les pertes, a-t-elle ajouté.
Prochaines étapes
Le Conseil des gouverneurs maintient sa méthode pour déterminer le degré et la durée de sa politique restrictive. Il décide réunion par réunion, en étant dépendant de données actualisées et en fondant son évaluation sur les trois critères suivants : - l'examen des perspectives d’inflation en tenant compte des données économiques et financières ; - la dynamique de l’inflation sous-jacente (hors prix énergétiques et alimentaires) ; - la force de la transmission de sa politique monétaire.
La prochaine réunion de politique monétaire, le 14 décembre, sera l’occasion pour le Conseil des gouverneurs d’examiner la situation macroéconomique à la lumière de nouvelles données, notamment sur le marché de l’emploi.
Lien vers les décisions de la BCE : https://aeur.eu/f/9a0 (Émilie Vanderhulst)