Les autorités du Kosovo ont fermé cinq institutions travaillant avec la minorité ethnique serbe du pays le week-end du 31 août/1er septembre, provoquant un regain de tensions avec la Serbie.
Selon les forces de police mandatées par le gouvernement kosovar, l'opération a été menée à la demande du ministère de l'Administration et des Collectivités locales pour mettre fin à des « activités illégales ».
Cette fermeture intervient dans un contexte de tensions perpétuelles entre le Kosovo et la Serbie, malgré une tentative de normalisation des échanges facilitée par l'Union européenne, qui dure depuis 13 ans.
Le dernier dialogue Pristina-Belgrade, fin juin (EUROPE 13441/13), n'a pas marqué d'avancées majeures. « L'UE ne peut pas souhaiter seule la normalisation des relations entre les deux parties, si celles-ci ne parviennent pas à s'entendre sur la manière d'aller de l'avant. Nous ne pouvons pas nous substituer à elles », avait déploré le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell.
Dans un communiqué, le Service européen pour l'action extérieure s'est dit déçu par le manque persistant d'entente et fustige une décision unilatérale qui risque d'envenimer une situation déjà difficile.
L'UE a demandé à plusieurs reprises au Kosovo d'éviter toute action susceptible de nuire à la sécurité des personnes. « Malheureusement, le gouvernement du Kosovo n'a pas tenu compte de nos appels ».
Miroslav Lajčák, le représentant de l'UE pour le dialogue Pristina-Belgrade, s'est entretenu avec le président serbe, Aleksandar Vučić, à l'occasion d'un forum organisé à Prague samedi 31 août. Ce dernier a affirmé qu'il attendait de l'UE une réaction ferme, claire et concrète. (Isalia Stieffatre)