L'Albanie a officiellement ouvert les négociations sur le 'Cluster 1' de l'acquis de l'Union européenne, celui dit des « fondamentaux », à l'occasion de la seconde Conférence intergouvernementale, qui s'est tenue mardi 15 octobre à Luxembourg.
La délégation de l'Union européenne était conduite par Péter Szijjártó, ministre des Affaires étrangères et du Commerce, au nom de la Présidence hongroise du Conseil de l'UE, avec la participation d'Olivér Várhelyi, commissaire chargé du Voisinage et de l'Élargissement. La délégation de l'Albanie était conduite par le Premier ministre, Edi Rama.
En négociations avec l'UE depuis 2022, l'Albanie a récemment vu son processus d'adhésion être découplé de celui de la Macédoine du Nord, pour lui permettre de tirer pleinement profit de ses avancées.
Le 'Cluster 1', qui est, selon la méthodologie actuelle de l'élargissement, ouvert en premier et fermé en dernier, comprend cinq chapitres : chapitre 5 - marchés publics ; chapitre 18 - statistiques ; chapitre 23 - pouvoir judiciaire et droits fondamentaux ; chapitre 24 - justice, liberté et sécurité ; chapitre 32 - contrôle financier.
Les progrès réalisés dans ces domaines déterminent le rythme général des négociations.
L'UE a également fixé des critères de référence provisoires pour l'Albanie, particulièrement sur les chapitres 23 et 24, relatifs à l'État de droit, et qui devront être respectés avant que les prochaines étapes du processus de négociation puissent être franchies.
« L'Albanie obtient de bons résultats dans le processus d'adhésion et (...) le pays a franchi une nouvelle étape importante dans ses efforts d'élargissement », a déclaré Péter Szijjártó à l'issue de la rencontre.
Le Premier ministre albanais, Edi Rama, estime que c'est la guerre de Vladimir Poutine qui a relancé la dynamique de l'élargissement : « L'agression de l'Ukraine a servi de signal d'alarme pour l'UE et a montré qu'elle a besoin des Balkans occidentaux autant que les Balkans ont besoin d'elle », a-t-il affirmé, ajoutant que son pays avait l'intention de clôturer le processus d'ici la fin de la décennie.
« Par rapport à notre point de départ en 2019, nous avons parcouru un long chemin. Ce dont j'ai hérité de la Commission Juncker ressemblait plus à un accident de voiture qu'à un portefeuille », a affirmé de son côté Oliver Várhelyi.
« Nous avons tenté à trois reprises d'entamer des négociations d'adhésion avec l'Albanie et la Macédoine du Nord. Nous avons dû remettre l'élargissement sur pied, puis nous occuper de la véritable intégration, c'est-à-dire de la manière dont nous allons mettre en place des économies et des sociétés similaires dans les Balkans occidentaux avant même que l'adhésion n'ait lieu afin que, d'ici la fin du mandat de la prochaine Commission, le Premier ministre Rama puisse également nommer son premier commissaire ».
Interrogé sur les réformes de l'Union européenne en tant que condition préalable à l'élargissement, il a déclaré que la Commission avait été très claire sur le fait que la structure institutionnelle actuelle était capable d'accueillir de nouveaux membres et que les deux processus - l'élargissement et la réforme interne - devaient se dérouler en parallèle. (Isalia Stieffatre)