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Bulletin Quotidien Europe N° 13504
ACTION EXTÉRIEURE / Golfe

Situation au Proche-Orient et accord commercial devraient dominer le tout premier sommet UE/Conseil de coopération du Golfe

Pour la toute première fois, les dirigeants des pays du Conseil de coopération du Golfe (Arabie Saoudite, Bahreïn, Émirats arabes unis, Qatar, Oman et Koweït) se réuniront avec leurs homologues européens, mercredi 16 octobre à Bruxelles, une réunion précédée, mardi, par un dîner des ministres des Affaires étrangères.

Le sommet devrait être dominé par la situation au Proche-Orient, mais aussi par la possibilité d’un accord de libre-échange entre les deux blocs, en négociation depuis 35 ans. Ce sommet est la continuité du rapprochement de l'UE et du CCG, après la reprise des conseils ministériels conjoints (EUROPE 13268/3).

« La région (du Golfe) joue un rôle économique et géopolitique de plus en plus important et cela va augmenter. Donc, nous devons avoir une relation plus stratégique avec ces partenaires », a expliqué un haut fonctionnaire.

Selon un autre haut fonctionnaire européen, le sommet portera notamment sur la situation géopolitique. Les dirigeants discuteront en particulier de la situation au Proche-Orient et du rôle de l’Iran. Les pays du Golfe sont impliqués dans la région. Le Qatar fait partie de l’équipe de négociations pour un cessez-le-feu à Gaza et l’UE et l’Arabie saoudite ont lancé ensemble une Alliance mondiale pour la mise en œuvre de la solution à deux États (EUROPE 13492/4). « C'est le moment d'avoir une rencontre afin de faire converger les points de vue du monde arabe et des membres de l'Union européenne » sur le Proche-Orient, avait expliqué, lundi 14 octobre, le Haut Représentant de l’UE, Josep Borrell.

Le sommet devrait aussi être l’occasion de discuter de la situation en Ukraine. Les Européens cherchent toujours à faire rapprocher la position de leurs partenaires de la leur et plusieurs pays du Golfe sont impliqués dans les discussions sur les échanges de prisonniers entre l’Ukraine et la Russie ou encore des enfants ukrainiens kidnappés et envoyés en Russie. « Ils veulent jouer un rôle actif dans (la résolution de) la guerre, mais ils ont leurs relations avec la Russie », a résumé un haut fonctionnaire.

La situation en Afrique, mais aussi la coopération sur des défis mondiaux, feront aussi l'objet de discussions.

Les relations bilatérales entre l’UE et le Conseil de coopération du Golfe seront aussi abordées. Les Européens souhaitent que la relation soit fondée sur cinq piliers : le commerce et les investissements, les énergies renouvelables, la sécurité régionale, les contacts entre les personnes – y compris la question des visas - et les relations interinstitutionnelles, a expliqué une source européenne mardi 15 octobre.

L’aspect ‘commerce et investissement’ devrait être le plus important. L’UE et le Conseil de coopération du Golfe tentent de négocier, depuis plus de trois décennies, un accord de libre-échange. Selon un haut fonctionnaire, plusieurs éléments bloquent l’avancée des négociations, dont l’accès aux marchés publics et les produits dérivés du pétrole. Il a ajouté que l’UE n’était pas le seul partenaire à avoir des difficultés à négocier un tel accord avec les pays du CCG. « Le mot clé est 'complémentarité' », a précisé une source européenne. « Même si les négociations pour un accord de libre-échange sont bloquées, nous voulons traiter avec ces pays, même sur le plan bilatéral, sur les investissements, sur certains aspects du commerce, en complémentarité avec l'accord », a-t-elle ajouté.

L'Union européenne est le deuxième partenaire commercial des pays du Conseil de coopération, avec 170 milliards d'euros d'échanges commerciaux en 2023. Cette année-là, les importations de combustibles minéraux ont représenté plus de 75% du total des importations de l'UE en provenance des six pays, selon des chiffres du Conseil.

Le sujet des droits de l’homme devrait aussi être abordé. « On voit le fossé qui se creuse et on a toujours été partisan d’un dialogue sur ce sujet », a précisé un haut fonctionnaire européen. L’UE a des dialogues de haut niveau sur les droits de l’homme avec chacun des six pays du Conseil de coopération du Golfe.

Une déclaration commune pourrait être adoptée à l’occasion du sommet. Celle-ci était toujours en discussion mardi. (Camille-Cerise Gessant)

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